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Le cahier de recettes de Catherine de Médicis

Le cahier de recettes de Catherine de Médicis
Albin Michel 80 pages
1 critique de lecteur

Avis de Benjamin : "Les Français n’ont pas ramené que la syphilis de Naples, ils ont découvert là aussi le melon et l’artichaut"

Le titre complet est en fait Le cahier de recettes de Catherine de Catherine de Médicis et autres dames illustres du château de Chenonceau. Sont présentées ici des recettes de cuisine qui pourraient avoir été réalisées au cours du XVIe siècle,  qui ont un fort enracinement régional (Touraine ou Orléanais) ou qui sont le fruit de l'imagination de l'actuel chef cuisinier d'un restaurant atenant à un des plus célèbres châteaux de la Loire.

 

Si les deux pages d’avant-propos donnent quelques informations sur la cuisine de la Renaissance, par contre après les recettes sont données sans commentaires conséquents, juste avec une phrase d’accompagnement d’une vingtaine de mots. Cet avant-propos contient une réflexion sur l’apport de la cuisine italienne à la cuisine française à l’époque où les rois de France vont guerroyer dans le Milanais et le royaume des Deux-Siciles. Melons et artichauts semblent nous être arrivés d’outre-Alpes au XVIe siècle   

 

Parfois l’illustration propose un clin d’œil historique, ainsi pages 28-29 voit-on, sur une gravure du XXe siècle, Henri IV et sa maîtresse Gabrielle d’Estrées qui dégustent une Poule au pot. Mon instituteur m’avait laissé croire que c’était un plat très simple, et j’étais resté sur cette idée. En fait, il s’agit là d’un mat très sophistiqué goûteux et coûteux. Dans la recette donnée, on a en plus de la poule, 200 g de jambon de Bayonne, du poivre et des clous de girofle, mais aussi bien meilleur marché ail, oignons, persil, carottes, navets, poireaux, céleris et mie de pain. Ce qui met en doute que le roi n’ait dit vraiment : « Il n'y aura point de laboureur en mon Royaume qui n'ait moyen d'avoir une poule dans son pot ». Toutefois, en prenant le sens de laboureur dans celui qu’il avait à l’époque, à savoir riche paysan propriétaire de ses terres, cela reste envisageable.

 

Une bonne place est faite aux confitures, pâtes ou gelées de fruits et tous ceux qui se sont intéressés à Nostradamus savent que les seuls écrits de ce dernier dans lequel on puisse avoir foi sont ceux de ces recettes en la matière. On a d’ailleurs, en plaine page, l’illustration du mage de Salon, en compagnie de Catherine de Médicis et d’une autre femme en face de la recette de Gelée de coing de Nostradamus.  

 

Diane de Poitiers illustre la préparation de la Matelote d’anguille aux poireaux car elle aurait fait servir maintes fois ce plat, réputé aphrodisiaque, à Henri II son royal amant. Louise de Lorraine, largement méconnue parmi toutes les reines de France, est mis en avant grâce à un Crumble aux mirabelles de Lorraine. On aurait préféré une recette de tarte aux mirabelles de l’époque que cette création récente au nom anglicisé. Le portrait de Jean-Jacques Rousseau fait un peu tâche ici mêle s’il adorait le Velouté de cardon (autre nom de la blette).  Notons l’existence d’une tisane, dite à l’origine "du Père Blaize", renommée "Catherine de Médicis" au restaurant du château de Chenonceaux où on peut déguster tout ce qui est présenté dans cet ouvrage.            

idé cadeau

Pour connaisseurs Quelques illustrations

Benjamin

Note globale :

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