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Henri IV roi de cœur

Henri IV roi de cœur
Tallandier669 pages
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Avis de Adam Craponne : "Henri IV valet de pique pour les ligueurs"

Ce sont autant la personnalité avec ses qualités et ses défauts que les actions comme militaire ou les caractéristiques de sa gouvernance comme roi qui sont abordées ici. Bref l’ouvrage est une admirable synthèse tout en rentrant dans certains détails.

De multiples informations sont à prendre, parfois non en rapport direct avec Henri IV, ce qui ajoute à la richesse du contenu global. Ainsi est-il très bien expliqué les deux prétextes pris par Ferdinand le catholique pour s’emparer de la très grande partie du royaume de Navarre en 1512 (page 18 et page 21), à quoi on peut d’ailleurs ajouter le fait que Ferdinand le catholique était le fils de Jean II qui fut entre autre roi consort puis roi illégitime de Navarre. C’est Jean III l’arrière-grand-père de notre personnage qui s’était vu déposséder et c’est le duc d’Albe qui était à la tête des troupes espagnoles.

On a une idée des sommes pharamineuses dépensées pour obtenir le ralliement d’anciens ligueurs (page 408), le récit de la tentative d’assassinat, sur le roi,  par Chastel en 1594 qui se traduit par le bannissement des jésuites dans tous le ressort du parlement de Paris (soit en gros les régions au nord de le Loire, ouest non compris) mais ils seront autorisés à revenir en 1603.

Aux protestants français qui disent aujourd’hui que l’Édit de Nantes  est décrété «perpétuel et irrévocable», nombre d’historiens répondaient que c’était là la reprise d’une formule déjà employée dans d’autres textes et que dans une monarchie de droit divin rien n’échappe au désir du souverain. Henri Desprat apporte encore de l’eau au moulin sur le caractère circonstanciel de cet édit de tolérance en écrivant « Détail significatif : l’édit était scellé de cire brune, la cire des accords viagers, et non de cire verte, celle des actes imprescriptibles et éternels » (page 437).     

On apprécie la généalogie du côté du père d’Henri IV (elle remonte à Saint-Louis) mais on aurait aimé avoir aussi celle de la mère. Une chronologie démarre an 1503 avec d’Henri d’Albret roi consort de Navarre  et se clôt en 1610 année de la mort d’Henri IV  ; elle couvre dix pages et n’oublie pas de mentionner des informations d’ordre culturel comme des pièces de Shakespeare ; de plus des évènements dans le Nouveau monde y trouve leur place, ainsi 1610 est aussi l’année de la fondation de la première réduction pour les Guaranis, ceci par  des membres de la Compagnie de Jésus. Beaucoup de lecteurs seront très déçus de ne pas trouver de carte avec les limites du royaume de France à l’arrivée sur le trône d’Henri IV où on aurait pu voir en outre apparaître le gain dans les Dombes et le Bugey (mais avec une perte dans le marquisat de Saluces outre-alpes) et le fait que Genève devient une ville frontalière de la France, sans compter qu’une carte des domaines personnels d’Henri de Navarre, à l’intérieur du royaume, n’aurait pas été un luxe.  

Pour connaisseurs Aucune illustration

Adam Craponne

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