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Les gardiennes

Les gardiennes
Marivole 272 pages
1 critique de lecteur

Avis de Octave : "Mobilisation à l'arrière aussi"

Accompagné d'une fort éclairante préface d'Éric Kocher-Marbœuf, président de l'association des Amis d'Ernest Pérochon, cet ouvrage méritait d'être réédité en cette année 2016. En effet le récit s'appuie sur l'idée que durant la Première Guerre mondiale, les femmes et les jeunes d'une dizaine d'années prennent la relève dans les campagnes pour les travaux agricoles et ceci en l'absence quasi totale d'animaux de trait. Dès le 2 août 1914, le président du conseil René Viviani s'adresse aux Femmes françaises :

«  La guerre a été déchaînée par l'Allemagne malgré les efforts de la France, de la Russie et de l'Angleterre pour maintenir la paix. A l'appel de la Patrie, vos frères, vos fils et vos maris se sont levés et demain ils auront relevé le défi. Le départ pour l'armée de tous ceux qui peuvent porter des armes laisse les travaux des champs interrompus. La moisson est inachevée, le temps des vendanges est proche. Au nom du gouvernement de la République, au nom de la Nation tout entière groupée derrière lui je fais appel à vos vaillances, à celles des enfants que leur âge seul et non leur courage dérobe au combat. Je vous demande de maintenir l'activité des campagnes, de terminer les récoltes de l'année et de préparer celle de l'année prochaine. Vous ne pouvez pas rendre à la Patrie un plus grand service. Ce n'est pas pour vous, c'est pour Elle que je m'adresse à votre coeur. Il faut sauvegarder votre subsistance, l'approvisionnement des populations urbaines et surtout l'approvisionnement de ceux qui défendent à la frontière, avec l'indépendance du pays, la Civilisation et le Droit. Debout donc femmes françaises, jeunes filles et fils de la Patrie ! Remplacez sur le champ du travail ceux qui sont sur le champ de bataille. Préparez-vous à leur montrer demain la terre cultivée, les récoltes rentrées, les champs ensemencés ! Il n'y a pas dans ces heures graves de labeur infime, tout est grand qui sert le pays. Debout, à l'action, au labeur ! Il y aura demain de la gloire pour tout le monde. Vive la République! Vive la France !  ».

Le titre même "Les gardiennes" est une expression employée durant cette période. Un article paru dans le Figaro du 16 avril 1916 donne en exemple quelques femmes :

« Voici une fermière de la Mayenne, Mme Balluard, mère de quinze enfants, dont six sont sur le front: avec l'aide de cinq de ses filles, et malgré sa mauvaise santé, elle dirige une ferme de 43 hectares, dont elle assure, depuis le début de la guerre, l'exploitation dans les meilleures conditions.

Cette autre, Mme Léon Boude, est une vaillante Champenoise, mère de trois jeunes enfants qui, depuis le début de la guerre, malgré l'invasion, malgré les passages de troupes et avec l'aide d'un seul petit domestique de seize ans, maintient en culture une ferme de 43 hectares presque dans la zone de feu ».

(ces illustrations ne sont pas dans ce livre)

L'auteur n'oublie pas d'enrichir l'intrigue des "Gardiennes" en rappelant que la question de la fidélité des femmes était devenue un des sujets les plus préoccupants chez les poilus et de la communauté villageoise. L'auteur évoque aussi le fait que les Américains (on n'est pas loin de ports comme La Rochelle) sont très courus par les femmes et jalousés par les poilus qui ont une solde en rien pareille. Une fille de l'Assistance publique, comme dans Nêne (qui valu le prix Goncourt à l'auteur) souffre de son statut.

Ernest Pérochon a pu noter l'évolution des campagnes pour cette période car, après avoir combattu, il est versé dans le service auxiliaire (est en particulier vaguemestre) pour raison de santé à la fin 1914. Dans l'ouvrage d'Ernest Pérochon, l'action se déroule en Poitou, à la fois région d'origine de l'auteur et lieu où il sert , après avoir combattu, entre 1915 et 1918.

Pour tous publics Aucune illustration

Octave

Note globale :

Par - 280 avis déposés - lecteur régulier

456 critiques
02/08/16
En août 2016 Xavier Beauvois débute le tournage des “ Gardiennes ” adapté du roman de l’écrivain deux-sévrien

http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Loisirs/Cinema/n/Contenus/Articles/2016/07/25/Ernest-Perochon-porte-a-l-ecran-avec-Nathalie-Baye-2792725
382 critiques
06/11/16
Entre ombre et lumière conférence sur Ernest Pérochon, mardi 8 novembre à 18 h au musée d'Agesci de Niort par Laëtitia Rondet.
288 critiques
13/08/17
Images du film Les Gardiennes sortant le 6 décembre 2017
http://www.allocine.fr/film/fichefilm-243261/photos/detail/?cmediafile=21429234
456 critiques
25/08/17
La désertion des campagnes de nombre de jeunes femmes pour trouver facilement un travail en ville mieux payé. Document 10 M 111 concernant le Puy-de-Dôme.
http://www.archivesdepartementales.puydedome.fr/data/files/ad63.portail/pdf/La%20guerre%2014-18.pdf
280 critiques
04/09/17
14-18 en Haute-Vienne: près de Limoges, exposition jusqu'au 17 septembre 2017, 14h30 à 18h les samedis et dimanches Mémoire de Nieul et Alentours BP 2 Le Château 87510 Nieul
http://www.nieuletalentoursenlimousin.fr/
137 critiques
15/10/17
En Haute-Vienne à Montrol-Sénard (entre Bellac et Rochechouart), dans la Vienne ( à Journet) et l'Indre, on a tourné l’adaptation du film Les Gardiennes.
Ont servi de décor pour le tournage du roman Les Gardiennes à Montrol-Sénard: l'école communale, la maréchalerie, l'église, sa place et les rues du village.
La gare de Verneuil-sur-Vienne a servi pour illustrer le retour en permission de poilus.
456 critiques
19/10/17
Dans les coulisses du film Les gardiennes de Xavier Beauvois
https://www.lanouvellerepublique.fr/actu/dans-les-coulisses-du-film-de-xavier-beauvois
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