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Les femmes au temps de la guerre de 14

Les femmes au temps de la guerre de 14
Payot477 pages
1 critique de lecteur

Avis de Octave : "Les femmes au temps de la guerre de 14"

En 1986 est publié La femme au temps de la guerre de 14 dans un esprit de vulgarisation (ce titre a été réédité plusieurs fois chez Stock). En 2013, Payot publie une version remaniée en introduisant des références nombreuses (renvoyant en particulier à des études récentes), quoique dans certains cas on reste encore sur sa faim pour savoir d’où l’information provient. Il est clair que nous sommes là en face d’un ouvrage de synthèse et que Françoise Thébaud fait a priori confiance à ses sources lorsqu’elle les pense sérieuses. Cela fait qu’à la marge, lorsque l’ouvrage développe sur une personnalité, on a un risque d’impression de « légendes ».

Ainsi pour l’institutrice pacifiste (et féministe) Hélène Brion, pour avoir consulté personnellement son dossier professionnel, l’idée qu’elle aurait eu des enfants d’un émigré russe nous apparaît totalement fantaisiste. Et pour faire un jeu de mots qui précisera la question, un historien pantinois penserait que si dans la même pièce, il y avait une rousse et un Russe, c’est vers la première qu’Hélène Brion serait allée spontanément. Ceci ne voulant pas dire qu'elle n'ait pas pu avoir d'enfants mais pas d'un Russe. Nous avions rendu compte d’une BD intitulée Un long destin de sang où Hélène Brion est représentée en particulier dans son logement de fonction et d’autre part dans la série romanesque (pour collégiens et lycéens) Suzie la rebelle l’héroïne rencontre notre institutrice pantinoise.

Une fois mis ces bémols, nous n’aurions pas assez de place pour dire tout le bien que l’on doit penser de l’ouvrage. L’auteure n’hésite pas à traiter, à côté de points d’introduction, conclusion ou interrogation, son sujet en douze chapitres, à savoir par exemple les conditions de vie spécifiques qu’elles eurent en zone occupée (certaines étant victimes de déportations, d’autres de viols …), les espionnes (avec la mise en valeur de la Lorraine Mathilde Lebrun dont les performances semblent bien plus réelles que celles de Marthe Richard), les infirmières, les travailleuses en usine, la fermière (avec des références aux Gardiennes d’Ernest Pérochon), la sexualité consentie et bridée, la ménagère face aux restrictions … On aurait pu d’ailleurs mettre en valeur le fait que si les jupes se raccourcissent et les corsets disparaissent, cela a un lien avec l’entrée massive des femmes dans le monde du travail.

Octave

Note globale :

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