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Le Petit Cœur rouge

Le Petit Cœur rouge
Artège159 pages
1 critique de lecteur

Avis de Octave : "Le Petit Cœur rouge : un talisman populaire chez les poilus"

L’auteur nous plonge en juillet 1964, époque où une adolescente arrive dans un hameau du Limousin appelé La Trimouille (à ne pas confondre avec le village poitevin homonyme) pour passer une semaine avec sa grand-mère. La découverte, par cette jeune personne, au grenier de lettres dans un carton où avait était dessiné un symbole inconnu pour elle, lui amène à vouloir poser des questions à son hôte. Elle va découvrir que sa grand-mère a été veuve de guerre et qu’elle a épousé en secondes noces un camarade de combat de son premier mari Rémi.

Pendant environ quatre-vingt-pages on suit essentiellement le courrier envoyé entre le 4 août 1914 et le 3 mai 1915 par Rémi à sa femme, l’univers des poilus est décrit avec la pudeur dont ils savaient faire preuve vis-à-vis de leur famille. Pour ce paysan l’univers de la ferme reste omniprésent et il donne parfois l’impression d’une gestion à distance des productions. Jusqu’à la page 41 le contenu va prendre la forme du récit et on reviendra presque complètement à ce récit à la page 125. Le contenu de ces lettres est parfois entrecoupé de paragraphes où un dialogue à visée explicative se noue entre les deux protagonistes. Chaque chapitre du livre est précédé d’une citation et Maurice Genevoix côtoie Ernest Junger, Michel Taupiac, Roland Dorgelès et Louis Maufrais.

Ce livre n’a qu’un seul défaut qui est de porter un titre qui évoque un insigne qui n’est pas représenté, certes l’objet est décrit (et encore dans une partie documentaire à la page 155). « Le Sacré-Cœur de Jésus : appelé « petit cœur rouge » dans cette histoire, est représenté traditionnellement sous la forme d’un cœur stylisé surmonté d’une croix latine ». Cet ouvrage a le mérite de poser la question du talisman même s’il ne le limite qu’à la représentation du Sacré-Cœur (et y voit un acte profond de foi chrétienne), alors que comme le rappelle Albert Dauzat (dans « Légendes, prophéties et superstitions de la Grande Guerre » présenté récemment sur ce site) les portes- bonheurs des poilus étaient variés. Il cite un extrait d’un article de l’historien Lenôtre où ce dernier dit que dans cet ensemble on pouvait voir« le petit éléphant-breloque, recommandé par Mme de Thèbes, le minuscule cochon porté en épingle, la bête à bon Dieu emprisonnée sous le verre d’un médaillon, la main de Fatma, l’agate, la sardoine, les fragments de bolide (…) ».

« Le Petit Cœur rouge » est, pour un lectorat féminin, un très bon complément à « Infirmière pendant la Première Guerre mondiale : journal de Geneviève Darfeuil » (par Sophie Humann) et au « Journal d’Adèle » de Paule du Bouchet, dans la mesure où ici, celle à qui sont destinées les lettres est une jeune femme (et non plus une jeune fille). Toutefois » Le Petit Cœur rouge » séduira également les garçons dans la mesure où l’univers du front est vécu à travers une franche camaraderie qui unit deux poilus. Le prolongement de cette lecture se fera logiquement par la trilogie de « Suzie la rebelle » présentée sur ce site.

Les adultes, qui veulent s’intéresser à la question du port de l’insigne du Sacré cœur par les soldats, liront l’ouvrage que Jean-Yves Le Naour consacre à Claire Ferchaud chez Hachette littérature. Cette dernière (originaire du nord des Deux-Sèvres, au sud de Cholet) est reçue à la demande du marquis de Baudry d’Asson (député vendéen) le 21 mars 1917 à l’Élysée pour plaider la cause du port de cette figure soit peinte sur le drapeau tricolore.

Octave

Note globale :

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16/01/15
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