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Atlas historique de la Russie d’Ivan III à Vladimir Poutine

Atlas historique de la Russie d’Ivan III à Vladimir Poutine
Autrement 95 pages
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Avis de Adam Craponne : "La Russie en cartes, tu la comprends mieux que tu l’aimes ou pas"

Ivan III, dit Ivan le Grand, né le 22 janvier 1440 et mort le 27 octobre 1505, est grand-prince de Vladimir et de Moscou de 1462 à 1505. En épousant, la nièce du dernier empereur de Byzance, Zoé Paléologue, qui se convertit à l'orthodoxie et prend le prénom de Sophie, la dynastie des Riourikides peut maintenant se poser en chef de file de l’orthodoxie. Le fils de ces derniers Vassili III succède à Ivan III et leur petit-fils, qui se nomme Ivan IV le terrible, sera le premier tsar de toutes les Russies.

En fait c’est sur la Russie d’Ivan IV le terrible que s’ouvre la première carte historique. On perçoit ainsi comment à partir de l’héritage reçu des Riourikides, l’expansionnisme russe se fait tous azimuts avec les Romanov. On apprécie les trois cartes présentes pour illustrer la double-page consacrée à la vulnérabilité des frontières russes ; dans le texte qui accompagne, on retiendra « à l’insécurité géographique, s’ajoute la crainte du système occidental perçu comme une menace » (page 13).

On peut regretter que l’exposé intitulé "Une diversité nationale et religieuse" ne propose qu’une carte (évaluant la situation pour 1897), ce qui a deux inconvénients. Le premier est capital puisque n’y sont représentés que les peuples et pas les religions, avec en plus des généralisations qui mettent dans le même panier des peuples de confession différente. C’est le cas pour des Baltes avec des Lettons protestants et les Lituaniens catholiques ou avec les peuples du Caucase (certes Azéris exclus) où sont d’ailleurs un peu à la louche rassemblés orthodoxes géorgiens et arméniens (ce dont on ne plaindra pas) avec des musulmans. Le deuxième inconvénient est que l’on se limite ici à la Russie d’Europe, ce qui exclut notamment les Bouriates bouddhistes ; le bouddhisme étant d’ailleurs devenu en 1741 une des religions  officielle dans l'Empire russe. Cependant page 23 nous est offerte une carte qui permet de voir l’emprise progressive russe dans le Caucase de 1763 à 1878 (la région de Kars, aujourd’hui en Turquie,  est tombée officiellement dans les mains des tsars de 1878 à 1917) et page 43 on voit il est vrai la composition ethnique le l’Asie centrale russe en 1914. Sont donnés d’autre part, page 40, les noms des principaux peuples qui habitent la Sibérie.     

Deux pages expliquent l’apparition tardive et la fin également tardive du servage. On explique séparément l’évolution de la ville de Moscou et de celle de Saint-Pétersbourg. On est effaré de se rendre compte que dans certaines communes de l’Ukraine en 1932 le taux de mortalité, en raison de la famine, a pu atteindre de 380 à 540 pour mille habitants (page 63). Dans les pages consacrées à la Seconde Guerre mondiale et à "La Russie de l’Amour au Pacifique", je n’ai pas trouvé la mention de l’absence de traité de paix entre le Japon et la Russie. Par contre dans ce dernier point, est évoqué le conflit à propos des îles Kouriles méridionales qui en est aujourd’hui la conséquence la plus directe. Il faut savoir qu’il a  été relancé quand le gouvernement japonais a édicté une directive le 16 juillet 2008 afin d’enseigner aux enfants japonais que leur pays a la souveraineté sur les îles méridionales des Kouriles.

Des sujets originaux apparaissent comme celui de la question du logement et de la consommation au temps de la Guerre froide. Voilà un ouvrage qui dans sa totalité porte de nombreux angles d’attaques très intéressants et des informations de détail très significatives. Ainsi pour mieux comprendre le problème de l’accès à la nationalité lettone que connaissent actuellement les résidants russe dans cette république balte, il n’est pas indifférent de savoir qu’entre 1945 et 1959 arrivent 400 000 Russes en Lettonie, plus 100 000 personnes d’origine d’autres espaces de l’URSS, ceci alors que des Lettons ont été déportés entre 1940 et 1952. Par ailleurs un graphique rappelle que certains nationalistes ukrainiens ne massacrèrent pas que des soldats soviétiques mais s’attaquèrent également à des populations civiles polonaises ou juives (page 69).

On voit que l’éclatement de l’URSS fut suivi tant d’une émigration (principalement vers l’Ukraine, l’Allemagne, les USA, le Kazakhstan et Israël) et une immigration vers la Russie encore plus importante de populations russes ou non venues  principalement d’Ukraine et du Kazakhstan, mais aussi dans une moindre mesure de toutes les anciennes républiques soviétiques et en particulier des trois pays du Caucase et des trois pays baltes. On aurait aimé une carte autour des conflits que la Russie a avec des pays anciennement partie de l’URSS comme l’Ukraine et ceux qu’elle entretient comme en Transnistrie et dans certaines régions de la Géorgie.        

Pour connaisseurs Beaucoup d'illustrations

Adam Craponne

Note globale :

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