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L’extrême-droite française de 1880 à nos jours

L’extrême-droite française de 1880 à nos jours
Presses universitaires Blaise Pascal63 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Le passé d'un mouvement d’avenir?"

L’ouvrage traite donc de l’extrême-droite du moment où la république s’installe définitivement en France jusqu’aux élections présidentielles et législatives de 2017. C’est le boulangisme qui constitue la première vague, on trouve dans celle-ci les sujets qui allaient devenir récurrents, à savoir l’antiparlementarisme, le souhait d’un pouvoir fort, la critique de l’affairisme et un nationalisme agressif. Avec l’Affaire Dreyfus qui est médiatisée quelques années plus tard se greffe l’antisémitisme. Maurras essaie de rallier tous les nationalistes derrière l’idée d’une restauration monarchiste porteuse d’un renouveau catholique. Il entend combattre quatre groupes jugés a priori ennemis du nationalisme : les métèques, les juifs, les protestants et les francs-maçons.  

Deux figures notables de ce nationalisme restent réticentes face au principe monarchique, à savoir Maurice Barrès et Paul Déroulède. L’extrême-droite française restera divisée entre ceux qui souhaitent le retour de la royauté et ceux qui entendent garder un régime républicain. Dans l’Entre-deux-guerres, les idées fascistes ou nazies séduisent certains groupements  et on sait que de l’émeute au 6 février 1934 au complot de la Cagoule, on entend dans certains milieux provoquer un renversement de la République par la force. Le gouvernement de Vichy applique certains aspects du programme traditionnel de l’extrême-droite et se voit critiquer par des mouvements à caractère fasciste tels ceux dirigés par Doriot et Déat.

À la Libération, l’extrême-droite est largement déconsidérée et c’est le mouvement poujadiste (basé sur une inquiétude du milieu des petits commerçants) la Guerre d’Algérie qui vont lui permettre de retrouver un second souffle ; des familles de pieds-noirs qui votaient traditionnellement à gauche basculent d’ailleurs dans le soutien à l’Algérie française. Un renouveau générationnel se produit et est corrélé avec l’entrée dans le fond idéologique de certaines thèses portées par Alain de Benoist et la mise en exergue de la question des conséquences de l’immigration. Les élections législatives de 1986 où le Front national frise les 10%, avec la création d’un groupe parlementaire du Front national à l’Assemblée nationale (grâce à l’introduction de la représentation proportionnelle au niveau départemental) fait entrer une certaine extrême-droite dans le jeu parlementaire. Une focalisation est d’ailleurs faite sur d’autres mouvements relevant de l’extrême-droite non monarchiste, comme en particulier ceux qui gravitent autour d’Alain Soral ou des identitaires régionalistes (comme Alsace d’abord ou la Ligue du sud).          

Voilà un très bon ouvrage de vulgarisation qui tient un discours suivi, n’hésitant pas en plus à apporter en marge quelques informations autour de la biographie de certaines figures comme François de la Roque ou sur l’héritage de Jeanne d’Arc qui passe de la gauche à la droite (sans d’ailleurs préciser que c’est sa canonisation qui accélère son passage d’un camp dans l’autre). On notera que la mouvance royaliste, pourtant persistante, n'a pas trouvé ici de lieu d'exposition pour la période allant au-delà de 1914.  

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Adam Craponne

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