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Russes et Français (1812-1818)

Russes et Français (1812-1818)
Presses universitaires Paris Sorbonne194 pages
1 critique de lecteur

Avis de Patricia : "Des perceptions mutuelles qui s’affinent"

Comme le dit l’auteure, dans sa conclusion, au XIXe siècle (et ce ne sera plus beaucoup le cas avec la Grande Guerre, du fait du phénomène des tranchées), les militaires découvrent une autre réalité sociale et culturelle dans le pays étranger qu’ils envahissent. D’ailleurs, ajoute Maya Goubina page 113, le soulèvement  des Décembristes, en 1825 à la mort d’Alexandre 1er, est porté par certains militaires russes qui connaissaient la France. Un de leur chef, le prince Serge Petrovitch Troubetzkoï avait séjourné à Paris avec les troupes d’occupation et avait épousé une Française fille d’un émigré venu en Russie.  Ce sujet n’étant pas un des thèmes du livre, le prince Serge Petrovitch Troubetzkoï ne figure pas dans l’index des noms de personnes  que l’on apprécie d’autant plus fort que l’on a un index des noms de lieux et un index des sujets (dans ce dernier, on trouve par exemple : caricature, propagande, stéréotype…).  Dix-huit caricatures représentant les Russes en séjour à Paris durant les années 1814 à 1818 sont fort goûtés également.  

 

Ce sont donc les Français qui découvrent les premiers les autres et leur pays la Russie qui d’ailleurs est déjà bien avancé puisque toute l’Ukraine, la Biélorussie et les trois états baltes dans leurs frontières actuelles sont déjà aux mains des tsars (par exemple Brest-Litovsk est russe). L’auteur évoque, essentiellement à travers d’articles parus dans le Bulletin de la Grande Armée et de courriers d’officiers français à leur famille ou amis, tout  d’abord les idées sur le pays avant d’y pénétrer puis le ressenti une fois sur place, ce dernier étant largement influencé par la tactique de la terre brulée et le harcèlement des trainards au retour. On voit d’ailleurs que certains villages russes ne répondent pas au mot d’ordre et négocient un ravitaillement des Français en échange de la préservation de leurs biens. D’autre part, les officiers français sont surpris par la richesse des bibliothèques des nobles russes en ouvrages dans la langue de Molière. Le fait que nombre d’officiers supérieurs russes maîtrisent le français va faciliter plus tard les rapports entre les maires de communes françaises et les troupes d’occupation. 

 

Alexandre Ier, dont d’ailleurs la mère était Sophie-Dorothée de Wurtemberg-Montbéliard qui passa une bonne partie de son enfance à Montbéliard et à Étupes (donc dans une enclave au milieu du royaume de France), donne de sévères consignes à ses troupes afin que des pillages ne soient  pas perpétrés. Toutefois des vols ont lieu mais ils sont sévèrement punis.

 

L’entrée à l’intérieur de Paris est strictement limitée, au bout de quelques semaines, aux officiers  munis d’une autorisation ; ils sont largement ébahis par ce qu’ils découvrent de cette ville. Auparavant des derniers et  d’autres qui y résident ont fait connaissance avec les campagnes françaises où le poids démographique et fiscal de vingt années de guerre se fait sentir. Ils sont émerveillés par les routes, déjà bien entretenues sous l’Ancien régime, et objet de tous les soins de Napoléon car elles sont capitales dans le transfert des troupes.  Ce sont 300 000 militaires russes qui sont présents comme forces d’occupation et ils stationnent sur une bande d'une largeur moyenne de 150 km de Paris aux portes de l’Alsace ( dans cette dernière province se trouvent des Badois et des Saxons).

 

La venue de ces troupes est prétexte à un intérêt pour l’histoire et la réalité de la vie contemporaine en Russie, plusieurs livres sortent à l’époque plus ou moins marqués par des considérations idéologiques  (les ultras du camp royaliste n’aimant pas la personnalité d’Alexandre Ier bien trop respectueux de la figure de Napoléon). Les populations françaises, sujettes à la propagande napoléonienne par le passé, ont certaines peurs en particulier vis-à-vis des cosaques. Celles-ci sont assez largement levées et elles découvrent en particulier la grande piété affichée et un usage de bains chauds chez l’ensemble des Russes.

idé cadeau

Pour connaisseurs Quelques illustrations

Patricia

Note globale :

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