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Le côté obscur de la médecine

Le côté obscur de la médecine
L’Harmattan213 pages
2 critiques de lecteurs

Avis de Patricia : "La médecine, basée sur l’observation et l’expérimentation, passée au crible de certains aspects de son histoire"

Voici un livre qui est sous-titré Mauvais médecins et médecins mauvais de l’Antiquité à nos jours. Il semblerait qu’un certain nombre de docteurs aient oublié le principe hippocratique "Primum non noncere" c’est-à-dire "en premier ne pas nuire".

L’ouvrage est divisé en trois parties : Le mauvais médecin, Le médecin mauvais, Les réponses de la société. Chacune comprend de trois à cinq chapitres.  Le premier des trois grands volets ouvre sur une citation de La Bruyère : « Tant que les hommes pourront mourir et qu’ils aimeront vivre, le médecin sera raillé et bien payé » (page 21). D’après Sofiane Bouhdiba, avant le XVIIIe siècle (celui dit des "Lumières"), charlatans, sorcières et hommes de Dieu étaient chacun d’entre eux un recours bien plus fréquent, tant dans l’univers chrétien que dans l’espace arabo-musulman, que le médecin, face à la maladie.  Le maladif Charles II d’Espagne était d’ailleurs surnommé "l’ensorcelé", faute d’explication sur ce dont il souffrait (page 25).

La question de la fourniture de cadavres, afin de permettre une meilleure connaissance du corps humain, est posée par l’auteur dans le chapitre deux intitulé "Le mauvais médecin", mais aussi dans le suivant "Le médecin mauvais" et les difficultés à s’en procurer débouchèrent sur la céroplastie. L’auteur s’intéresse également aux représentations du docteur dans les arts plastiques et la littérature.  D’autres sujets, comme par exemple celui des expériences médicales menées dans les camps nazis et par des médecins japonais dans le nord de la Chine, sont évoqués.

Sofiane Bouhdiba, dans sa conclusion, rappelle que dans l’Antiquité celui qui était médecin était souvent aussi soit un philosophe, soit un mathématicien, soit un théologien, soit un poète. Au contraire aujourd’hui, le médecin est, d’après lui, une personne très largement prise uniquement par sa profession.    

Pour tous publics Quelques illustrations

Patricia

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Par - 16 avis déposés - lectrice régulière

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Avis de Xirong : "Primum non nocere"

L’auteur propose des sujets variés, à dimension historique ou contemporaine, regroupés en trois parties. Dans le premier volet, il évoque les charlatans et pointe que le recours à leurs services se fit parfois face à l’apparition de nouvelles maladies comme la syphilis. Sofiane Bouhida nous fait le plaisir à cette occasion de citer, page 27, le poète médiéval Rutebeuf (mort vers 1285). Sa connaissance de l’univers arabo-musulman l’autorise à nous parler également du médecin perse Abou Bakr Mohammad Ibn Zakarya al Razi qui vécut autour de l’an 900. Ce dernier rappelait que des prétendus médecins extrayaient la pierre de la folie chez des malades présentant des troubles de comportement (page 33). Sofiane Bouhida rapporte également que Joseph Keharo décrit comment au Sénégal, dans l’Entre-deux-guerres, des charlatans arrivaient à faire croire qu’ils retiraient des vers de l’oreille d’un patient atteint d’otite. On voit à travers ce seul choix de quelques exemples sur un même sujet l’aspect toujours multidimensionnel que prend une question traitée par Sofiane Bouhida.

Notre auteur s’interroge également autour de la vérité (et donc du mensonge) que le docteur délivre à son patient autour de son mal, les obligations religieuses que le médecin doit faire effectuer à son malade lorsqu’il est en état critique (chez les catholiques et les musulmans), la responsabilité en cas d’erreur médicale (citant la Loi Kouchner du 4 mars 2002).

On reparle là du trafic de cadavre existant à la Renaissance, de vivisection, de vasectomie, du commerce actuel d’organes entre pays asiatiques ou africains vers l’Amérique du nord, de faux médicaments (en nombre exponentiel, du fait d‘internet), d’euthanasie et recherche bactériologique sur des humains (y compris celle pratiquées dans les camps de concentration, par les Japonais en Mandchourie ainsi que dans l’Afrique du sud de l’apartheid), la déontologie médicale, la vision du médecin dans quelques œuvres littéraires ou artistiques… L’ouvrage est sous-titré Mauvais médecins et médecins mauvais de l’Antiquité à nos jours.

Pour sourire, surtout si on est mécréant, on lira ceci page 124 :

« Amboise Paré a également dénoncé l’abus des apothicaires qui vendaient de la poudre de corne de rhinocéros ou de cerf en prétendant qu’il s’agissait de licorne. Pour appuyer ses arguments, il allait jusqu’à réfuter l’existence de l’animal, s’attirant les foudres de l’Église – car la licorne est mentionnée dans la Bible ».  

Pour tous publics Peu d'illustrations

Xirong

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Par - 460 avis déposés - lecteur régulier

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