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L’amour au temps de la vérole

L’amour au temps de la vérole
Glyphe277 pages
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Avis de Benjamin : "Merci Phillis"

Cette histoire de la syphilis  était parue en 2010 chez le même éditeur, on l’a doit a un professeur de l’histoire de la médecine à l’université de Corte qui est décédé cette même année 2010. Fort pédagogiquement l’auteur commence par distinguer les trois principales maladies vénériennes qui ont sévi en Europe entre le XVIe et le XXe siècle, « à savoir la blennorragie (ou gonococcie ou chaude-pisse), le chancre simple (ou chancre mou ou chancrelle) et la syphilis.

L’auteur débute son ouvrage en évoquant la prostitution et les maladies vénériennes depuis la Bible jusqu’à la fin du Moyen Âge en s’attardant en particulier sur les apports du Coran sur la question et les actions de Louis IX (Saint-Louis).  

Dans le chapitre suivant, il s’interroge sur l’origine de la maladie et soupçonne les indiens d’Amériquede l’avoir donné aux premiers colons espagnols. Le problème fut évidemment le retour et c’est par les ports qu’elle s’étend. Dès 1493 un docteur portugais résidant à Barcelone essaie de soigner certaines personnes de ce mal. Ce dernier passe à Naples où arrive presque de façon concomitante Charles VIII et son armée, ce qui entraîne en conséquence la venue de troupes de Maximilien Ier de Habsbourg et de Venise. Toute cette soldatesque diffuse le mal dans l’ensemble de l’Italie puis la ramène en France et Allemagne.        

Jean-Paul Martineaud cite Voltaire page 32 :

« Quand les Français à tête folle

S’en allèrent dans l’Italie,

Ils gagnèrent à l’étourdie

Et Gênes et Naples et la vérole.

Puis ils furent chassés partout

Et Gênes et Naples on leur ôta

Mais ils ne perdirent pas tout,

Car la vérole leur resta ».

Cette maladie frappa d’ailleurs équitablement deux souverains qui se combattirent de longues années à savoir François Ier et Charles Quint. On partit vite sur une médication à base de mercure, avec de très vraisemblables graves effets secondaires.

Suivent ensuite cinq chapitre qui permettent de suivre pas à pas l’évolution de la maladie, de la façon de la soigner des peurs et de l’imaginaire attachés à celle-ci. Ce sont les antibiotiques qui permirent en Europe de réduire quasiment à néant ce mal ; la conclusion porte l’idée qu’au XXIe siècle la contamination d’une quelconque maladie vénérienne ne se fait plus essentiellement par la fréquentation d’une prostituée, vu les changements dans la façon de vivre sa sexualité et les nombreux déplacements effectués d’un pays à l’autre par beaucoup de gens.  La couverture du livre reprend une affiche du Ministère de la Santé publique éditée à l’époque des Années folles, dont le texte accompagnant est : « N’allez pas en aveugles vers l’amour… car la maladie vous guette. En cas de malheur allez, dès les premiers signes, chez le médecin ».  L’ouvrage est assez abondamment illustré par divers sujets ayant rapport avec la maladie (dont des photos de malades et de médecins) ou la prostitution en général.

Pour connaisseurs Beaucoup d'illustrations

Benjamin

Note globale :

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