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Le grand saut: Quand les virus s’attaquent à l’homme

Le grand saut: Quand les virus s’attaquent à l’homme
Flammarion544 pages
1 critique de lecteur

Avis de Patricia : "Les virus animaux: Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes (Perrette et le pot au lait)"

David Quammen voit le jour en 1948 dans l'Ohio ; après avoir  suivi des études de littérature à Yale et Oxford, il décide par la suite de vivre dans le Montana. Il écrit ans le magazine National Geographic ; ceci l'amenant à voyager dans divers pays de la planète. Il est l'auteur de plusieurs romans et essais. Au cours de l'automne 2014, il a été très impliqué, grâce aux livres et articles qu'il a publiés, dans le débat public sur la maladie Ebola qui ne se propage que par contact direct avec le sang ou d’autres liquides organiques. Bien que la manière dont le virus Ebola, découvert en 1976, passe  des animaux aux humains ne soit pas tout à fait claire, la propagation impliquerait un contact direct avec un animal sauvage infecté (divers espèces de singes, antilopes ou chauve-souris fruitières).

 

L’ouvrage qui nous intéresse ici est paru en 2012 en version originale Spillover: Animal Infections and the Next Human Pandemic (Retombées: infections animales et prochaine pandémie humaine). Dans sa préface, datée de l’été 2020, le paléoanthropologue et maître de conférences au Collège de France Pascal Picq reprend l’idée, que le pays est en guerre en rappelant qu’au 14 juillet le président Macron a rendu hommage aux soldats de la santé. On peut expliquer, comme Pascal Picq le fait, que les progrès économiques en Chine permettent, en s’appuyant d’ailleurs sur la connaissance de la cuisine cantonaise (ajouterons-nous personnellement), que des animaux de toutes sortes, qui n’étaient pas consommés couramment ni durant le XXe siècle ni sous l’empire des Mandchous, se retrouvent dans les assiettes.  Le problème venant évidemment des conditions dans lesquelles ils sont commercialisés. Pascal Picq écrit par ailleurs que les virus sont innombrables et qu’il y a deux types de virus (avec ADN ou ARN) et qu’une sorte mute très aisément.  

 

M. Quammen se propose de retrouver les origines des épidémies humaines et des pandémies. Les zoonoses sont des maladies ou infections qui se transmettent des animaux vertébrés à l'homme. Il démontre constamment que les maladies Ebola, SRAS et VIH / SIDA, sont les résultats de virus passant des animaux aux humains. M. Quammen réfléchit sur les origines des retombées ; il avance que les humains, sont des gens qui fournissent les étincelles, se retournent puis crient du feu.

 

 

Le premier chapitre évoque le virus Hendra qui apparut en 1994 en Australie où les infectés présentent de la fièvre, des maux de tête et de la somnolence, la toux, la douleur abdominale, la nausée, le vomissement, la faiblesse, des problèmes digestifs et une vision troublée. On passe ensuite au virus Reston, une souche du virus Ebola, ce qui nous amène en Afrique centrale et aux Philippines mais aussi en Angleterre.

 

Le troisième ensemble s’intéresse aux travaux de transmission de maladies d’un animal à l’homme avec l’exemple du paludisme. C’est l’occasion d’évoquer Ronald Ross (sur la malaria),  George MacDonald (interactions entraînant la montée des infections), Robert Knowles, Balbir Singh et Janet Cox-Singh. Le quatrième chapitre s’attache à parler du SRAS alors que l’ensemble suivant s’intéresse à la fièvre Q, la psittacose et la maladie de Lyme.

 

David Quammen nous décrit l’observation et la culture des virus et nous entraîne en particulier  vers l’étude de l’herpès B (transmis à l’homme par les macaques) et le rappel du développement temporaire de la myxomatose chez les lapins d’Australie au chapitre six. On peut lire ici que l’on doit tenir compte de la transmissibilité et de la virulence d’un virus pour comprendre l’ampleur plus on moins forte que prend une épidémie (page 279).

 

L’ensemble suivant met en exergue que, si par exemple des grippes sont apportées par des oiseaux ou la variole du singe transmises par l’écureuil, l’animal qui apporte le plus de virus à l’espèce humaine est la chauve-souris, certaines espèces de cet animal se déplaçant largement lors d’une migration pouvant aller jusqu’à 1 500 km. Les moustiques sont des vecteurs importants comme dans le cas de l’encéphalite japonaise (une infection à virus Nipah), ce qui déboucha sur une zoonose en Malaisie continentale.  Ce pays réagit avec fermeté, ce qui limita l’extension de la maladie ; au Bengladesh, à la population plus dense et plus pauvre, elle prit plus d’ampleur. Avec les chauve-souris, c’est l’occasion de reparler du virus d’Ebola frappant la république démocratique du Congo (connu comme le Congo-Kinshasa).

 

Le huitième chapitre interroge sur les débuts du SIDA et donc des différentes hypothèses de son origine ; celle d’une transmission du chimpanzé vers l’homme étant retenue. On y apprend que non seulement VIH-1 et VIH-2 connaissent de nombreuses formes mais que la contamination des hommes, en conséquence s’est faite en une douzaine de situations différentes dans le temps (page 395) ; la première date de 1908 au sud du Cameroun alors colonie allemande (pages 415-419), mais la première épidémie est arrivée à Léopoldville en 1920 dans le domaine colonial belge, aujourd’hui c’est Kinshasa. Le virus, porté par des malades successifs, a pu descendre successivement les rivières Ngoko, Songha et le fleuve Congo. Le réservoir de VIS est d’ailleurs particulièrement important puisque l’on a trouvé dix-huit espèces de singes infectés par des VIH distincts entre eux, d’où la possibilité de l’apparition dans l’avenir de nouvelles formes de cette maladie.

 

Le dernier chapitre, écrit donc sept ans avant l’apparition du corinavirus, montre que les virus de la polyédrose nucléaire (VPN) ont détruit des populations entières de chenilles les empêchant ainsi de devenir des papillons. Il revient sur la Grippe espagnole virulente dans les années de la Grande Guerre (d’ailleurs passée à l’homme par les poules) et celles suivirent immédiatement, le virus qui en était la cause ne fut identifié qu’en 2005, il est appelé H1N1. C’est un lointain ancêtre de la grippe qui fit trembler le monde en 2009. Le récit se termine en appelant à la vigilance face à l’apparition de possibles pandémies afin de les circonscrire en prenant des mesures incitatives auprès des populations. Si ce n’était le cas, l’espèce humaine serait susceptible de disparaître sous le coup de pandémies successives touchant l’ensemble de la population mondiale.  

Peu d'illustrations

Patricia

Note globale :

Par - 59 avis déposés - lectrice régulière

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