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République démocratique du Congo: de la conférence de Berlin de 1885 à nos jours

République démocratique du Congo: de la conférence de Berlin de 1885 à nos jours
L’Harmattan 262 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Le 16 janvier n’est pas seulement le jour de l’abdication du Gantois Charles Quint, il est aussi le jour des assassinats de Lumumba et Kabila"

Voici  un ouvrage, évoquant l’ancien Congo belge devenu Zaïre entre 1971 et 1997, qui est composé  de dix contributions en plus de l’introduction et la conclusion. On relève comme perle page 38 de considérer le Limbourg hollandais comme un territoire outre-mer pour la Belgique. Par ailleurs systématiquement on met une minuscule au nom des peuples , comme "les Anglais" ou "les Portugais".

Le message général est que le Congo a toujours été « un grand enjeu géopolitique pour les nations européennes » (page 13) ; c’est d’ailleurs pour cela que ce vaste territoire tombe dans l’escarcelle du roi des Belges. En effet Anglais, Allemands et Français sont d’accord pour écarter les prétentions portugaises sur cet espace mais incapables de se le partager ; ils craignent donc que ce territoire tombe aux mains d’une autre nation.

Carte absente du livre

La première contribution porte justement sur le découpage de l’Afrique après la Conférence de Berlin de 1885 qui consacre la division de l’Afrique entre puissances européennes, le roi des Belges Léopold II se voit confier (à titre personnel) l’état libre du Congo qui couvre plus de deux millions de kilomètres carrés. Le livre ne le dit pas mais paraît-il les géographes belges auraient quelque peu trafiqué les cartes des cours des fleuves (qui servent généralement de limite au pays) et en particulier celui de l'Ubangi, ceci afin de minimiser la surface potentielle de cet espace. Par contre, il est bien précisé, que le roi des Belges accorde diverses libertés commerciales aux autres puissances (sur lesquels il reviendra en grande partie) et triche sur ses objectifs humanitaires (dont mettre fin à l’esclavage).

Il est défini les caractéristiques du régime colonial au Congo belge dans le deuxième texte et il est rappelé que le Congo fut de nouveau un enjeu durant la Guerre froide. La contribution suivante évoque les mises sous tutelle successives du pays de ses origines à nos jours et la kleptomanie qui sévit dans les classes dirigeantes de l’État, empêchant l’apparition d’une bourgeoisie nationale.

Photographie absente du livre

L’intervention suivante porte sur la question des frontières du pays et des répercussions sur le Congo des guerres civiles se déroulant dans des pays étranger. On trouve après une communication de Dominique Tshienke Kanyonga sur les obstacles à la construction d’une conscience nationale. Suit la question du rôle de la presse dans la maturation de la conscience politique des Congolais ; on y retrouve le terme bien daté d’"évolué". On découvre une autre réflexion sur les difficultés de démarrer un processus démocratique après la chute de Mobutu et ses conséquences socio-économiques. L’auteur revient sur l’escroquerie dont aurait été victime le pays de la part de la Belgique. On peut y lire que quelques années après : «  Moïse Tshombe a été baisé par Spaak en 1964 » (page 191).

Le texte suivant évoque les illusions entretenues par l’organisation d’élections dans un régime politique dominé. Il est évoqué « le désastre qui couronne la corruption, le gaspillage des fonds publics, la concussion, la tracasserie, les violations des droits de l’homme et autres valeurs, la séparation nette entre le pouvoir et la base aux intérêts divergents » (page 223).

Edmond Lukusa Tshimpanga s’intéresse aux entreprises publiques et pour terminer Yves Mupende Mbirkuit diserte sur l’instabilité politique au niveau des provinces qui a retardé et amoindri l’action décentralisatrice souhaitée. On sait que ce pays regorge de richesses naturelles mais que l’ensemble de la population n’en profite pas, par ailleurs jusqu’à l’arrivée des Syriens ces dernières années les Congolais de Kinshasa étaient les nationaux les plus nombreux à obtenir l’asile politique en France. Ils sont nombreux aussi en Belgique et Suisse  (voir à ce propos Léonardo Kamalebo, le voyage d’un réfugié politique http://www.canalalpha.ch/emissions/passerelles/passerelles-leonardo-kamalebo-le-voyage-dun-refugie-politique/). Bémol à cet excellent ouvrage, l'absence de cartes géographiques à dimension plus ou moins historiques.

Pour connaisseurs Aucune illustration

Adam Craponne

Note globale :

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