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Stanley et les femmes de sa vie

Stanley et les femmes de sa vie
La Découvrance340 pages
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Avis de Adam Craponne : "Un Gallois passé pour un galeux dans l’Histoire"

Henry Morton Stanley est né John Rowlands en 1841. En fait il a été reconnu par John Rowlands mais il n’a jamais rencontré ce dernier car sa mère lui a fait croire à sa mort peu après sa naissance alors que notre auteur révèle qu’il est décédé en 1854 de delirum tremens. Après avoir passé cinq ans auprès d’un grand-père paternel aimant, il va assez rapidement se retrouver dans une maison de travail (workhouse) qui est une sorte de bagne pour enfants géré par les catholiques. Il y a été sûrement victimes de sévices sexuels par des plus grands et de châtiments corporels de la part des adultes ; les jeunes filles y sont incitées à la prostitution. Il apprend là toutefois des connaissances scolaires conséquentes pour un enfant du peuple. Suite à un incident, il fuit ce lieu à quinze ans.

Il embarque à l'âge de 17 ans sur le Windermere, un bateau faisant voile vers La Nouvelle-Orléans et après avoir décidé de s’appeler Henry Stanley (car Rowlands fait trop gallois), du fait qu'il réside en Arkansas il va se retrouver en tant que soldat confédéré prisonnier des Nordistes durant la Guerre de Sécession. Devenu par la suite journaliste il couvre en particulier en 1868 en Espagne les conséquences du renversement de la reine Isabelle II qui se traduira en 1872 par la Troisième guerre carliste.  

Stanley Sculpture of Denbigh

Entretemps, le 10 novembre 1871, Stanley a retrouvé Livingstone dont on n’avait pas de nouvelles depuis 1866. Entre 1879 et 1884 il va signer des contrats commerciaux avec des chefs africains, grignotant en particulier l’œuvre de Brazza pour le compte de Brazza. Pour Jacques Marzac il n’y avait là aucune reconnaissance de souveraineté de Léopold II sur ces espaces mais l’habileté de ce dernier fut de laisser croire et d’obtenir à la Conférence de Berlin fin 1884 que le Congo devienne sa propriété personnelle. Au Cameroun l'Allemagne fit le même tour de passe-passe, sur le sujet on se reportera à l'ouvrage Le Sud-Kameroun face à l’hégémonie allemande 1884-1916). Cet accaparemment belge au Congo se fit avec l’accord des autres puissances européennes qui se rallient à cette solution plutôt que de voir cette immense région devenir colonie d’un de leur pays rival.

Il apparaît que Stanley fut victime à la fois d’un mépris de classe en Angleterre et des conditions dans lesquelles se fit l’exploitation du Congo où les Belges multiplièrent les atrocités pour obtenir que les indigènes acceptent le travail forcé (entre autre pour la récolte du caoutchouc). Les figures féminines qui comptèrent dans la vie de Stanley servent de fil rouge à ce récit, elles furent loin d’être toutes positives et la plus négative fut incontestablement sa mère. Jacques Marzac a dû mener un travail de recherche très conséquent (en particulier auprès des archives de Stanley déposées au Musée royal de l’Afrique central en Belgique) et détruire certaines affirmations non conformes à la réalité avancées par Stanley ou sa famille. On trouve à la fin de l’ouvrage quinze pages d’illustration.    

Pour connaisseurs Quelques illustrations

Adam Craponne

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