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Les seuils du Moyen-Orient

Les seuils du Moyen-Orient
Rocher2017 pages
1 critique de lecteur

Avis de Ernest : "Des violences qui dépassent le seuil"

Cet ouvrage est un régal pour celui qui aime les cartes historiques, il offre près de quatre-vingt-dix cartes en couleurs sur une page entière et près de cinquante cartes en noir et blanc sur en moyenne un peu plus d’une demi-page.

Dans son introduction l’auteur avance que dénoncer les frontières coloniales comme artificielles ne doit pas faire oublier que : «  le Moyen-Orient a toujours été l’objet d’enjeux géopolitiques et de reconfigurations territoriales, dès l’Antiquité et durant le Moyen-âge » (page 11). Pour l’auteur on va vers un énième recomposition de la carte des états au Moyen-Orient. « La stabilité territoriale paraît étrangère au Moyen-Orient. De puis l’Antiquité s’y succèdent les constructions impériales, bientôt sujettes au fractionnement, à l’émiettement des pouvoirs, fondés sur des bases ethniques ou religieuses » (page 12). Vu l’hétérogénéité des populations, les multiples inventions ou interventions étrangères l’idée d’état-nation est quelque chose de plaqué et la légitimité politique a ici été souvent associé à une dimension religieuse.

Olivier Hanne explique que les frontières au Moyen-Orient ont toujours séparé des populations culturellement proches et rassemblés des gens fort divers avec de nombreux groupes qui ont été persécutés à un moment ou l’autre de leur histoire. Avant 1914 les fidélités pouvaient être multiples. En conséquence « La frontière est seuil parce qu’elle est la caisse de résonance des murmures de l’imaginaire, imaginaire de découpage, d’invasion, de complot international, d’ennemi à abattre » (page 15).

L’ouvrage va se donner comme tâche de dégager les permanences, la première étant géographique et la seconde religieuse mais relativement récente car changeante.

En remontant l’histoire, on voit pas à pas l’évolution politique de la région. Seul Alexandre-le-Grand a su unir cet espace et encore pour très peu de temps puisque ces généraux se partage son empire. En fait seuls deux états aux limites de cet espace relèvent de la longue durée à savoir l’Iran et l’Égypte et par ailleurs deux ont réussi à se construire de façon assez homogène (du point de vue idéologique) au cours du XXe siècle en l’occurrence la Turquie et Israël. Ponctuellement, dans un focus l’auteur développe un aspect particulier ; ainsi face à la carte du Chatt al’Arab il est rappelé que cette région disputée entre l’Empire ottoman et la Perse depuis le XVIe siècle avait vu la naissance d’un émirat devenu vassal de l’Iran.

Dans la conclusion, l’auteur juge indispensable pour une situation apaisée que les puissances extérieures n’interviennent pas directement et laissent les états, dans leur limites issues de la colonisation, se reconstruire en reconnaissant des droits à ses minorités.

coup de coeur !

Pour connaisseurs Beaucoup d'illustrations

Ernest

Note globale :

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