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Une ligne de sable

Une ligne de sable
Perrin 512 pages
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Avis de Zaynab : "Plutôt les sionistes à Jérusalem que ces mécréants de Français!"

En octobre 1915, la Grande-Bretagne promet, s'il mène une révolte contre les Turcs, au chérif de La Mecque Hussein l’ensemble des terres peulée en Asir par les Arabes, moins une zone pour les Anglais autour du Chatt al’Arab et pour les Français un espace côtier peuplé en partie de chrétiens. Le leader libéral Asquith porte peu après les accords Sykes-Picot finalement signés en mai 1916 qui prévoient une zone internationale allant de Saint-Jean-d’Acre à Ghaza, Jérusalem compris mais Haïfa exclut (les Britanniques se sont réservés ce port méditerranéen).

Toutefois en décembre 1916 Lloyd George, le ministre de la Guerre d'Asquith, succède à ce dernier comme Premier ministre.Selon Asquith, Lloyd George n’entendait pas laisser la garde de certains lieux saints aux Français (ce qui était le cas par décision du califat ottoman) devenus athées à ses yeux et préférait les confier ultérieurement aux juifs. Lloyd George pense que les juifs aideront l’Angleterre plus que les Arabes, dans des dimensions certes différentes, à gagner la guerre et que rien de précis ne doit être fait miroiter aux Arabes. La déclaration Balfour est signée en novembre 1917 et le Royaume-Uni se déclare favorable à un foyer national juif en Palestine. Ce texte va servir d’argument pour le Royaume-Uni afin de s’emparer ultérieurement d’une Palestine si proche du canal de Suez.

Presque tout l’espace du Proche-Orient a été promis par les Anglais à au moins deux des trois prétendants que sont les Français, les juifs et les Arabes. Avec le succès largement inespéré de la révolte arabe entretenue par Lawrence, on se retrouve avec une présence de combattants arabes sur un très vaste espace (bien au-delà de Damas et Mossoul). Les Anglais retirent unilatérement leurs troupes de Syrie dès le 1er novembre 1919, avant que les troupes françaises n’arrivent en grand nombre. Le 2 juillet 1920, les troupes de Gouraud reprenne Damas aux forces de Fayçal. Peu de temps après les Anglais font face à une opposition armée en Irak.

En entrant en guerre, le président Woodrow Wilson avance que les USA « se battraient (…) pour la démocratie, pour le droit de ceux qui se soumettent à l’autorité d’avoir une voix quant au choix de leur gouvernement, pour les droits et les libertés des petites nations ». Toutefois à la fin 1919, il est victime d’une attaque cérébrale et les USA refusent d’adhérer à la SDN. Les décisions, qui se prennent, au Proche-Orient leur sont donc étrangères.

Les mandats dans l'Entre-deux-guerres

Chaque puissance mandataire, en s’appuyant sur des minorités dans son propre espace, va exacerber les tensions. En fait l’auteur montre que jusqu’à la fin de la Seconde guerre mondiale, la France et le Royaume-Uni marchent dans des directions opposées allant même jusqu’à servir de refuge pour ceux qui s’opposent à la main mise coloniale chez leur voisin. Le rôle de soutien des autorités françaises en métropole et au Proche-Orient aux sionistes fut important à certaines époques. Après la défaite de l’été 1940, les Anglais aident à la proclamation de l’indépendance du Liban et de la Syrie, sans deviner que ceci ne peut qu’accélérer leur retrait de Palestine.

Cet ouvrage est remarquable tant par l'esprit de synthèse qui le porte que par le travail méticuleux de recherche qu'on y trouve.

 

 

Pour connaisseurs Quelques illustrations

Zaynab

Note globale :

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