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Quand les Anglais livraient le Levant à l’état islamique: or, corruption et politique étrangère britannique

Quand les Anglais livraient le Levant à l’état islamique: or, corruption et politique étrangère britannique
Salvator254 pages
1 critique de lecteur

Avis de Benjamin : "Dans quelle mesure les pots-de-vin sont-ils le levain d'une situation?"

Le comportement des politiciens anglais apparaît ici comme à l’origine de tous les maux du Proche-Orient de 1840 à 1947, on aurait pu d’ailleurs aller jusqu’en 1956. En fait l’ouvrage semble parfois comme une profession de patriotisme chrétien libanais. Son auteure Lina Murr Nehmé est née le 12 juillet 1955 ; elle est diplômée des Beaux-Arts de Paris, elle vit à Beyrouth, où elle enseigne l’Histoire de l’Art à l’Université Libanaise. Duaibis Murr, condamné à mort par contumace par les Turcs durant la première guerre mondiale, est un de ses grand-pères.

D’après l’auteur le passage dans le XVIIe siècle d’un prince druze Fakhreddine marque la véritable première affirmation juridico-politique d'une entité libanaise au sein de l'empire ottoman. Il est considéré comme l'un des fondateurs de la future nation libanaise. En 1635, Fakhreddine est capturé par les Ottomans, puis exécuté à Istanbul.

Pour elle, la famille d’origine kurde sunnite Joumblatt sapa le pouvoir de Fakhreddine. Lorsque près d’un siècle plus tard le cheikh des druzes mourut et c’est son gendre Ali II Joumblatt qui devient le chef de la communauté druze. À partir de ce moment l’alliance entre druzes et chrétiens est rompue et fait place à une lourde hostilité.

L’auteure revient sur l’intervention des Anglais, aux côtés des Ottomans et contre Méhémet-Ali vice-roi d’Égypte quand les armées égyptiennes se rapprochèrent une nouvelle fois dangereusement de Constantinople. Ceci se traduit par le bombardement de Beyrouth par des navires de guerre anglais et autrichiens. Selon l’auteure les druzes et les troupes ottomanes profitent des circonstances pour massacrer des chrétiens. Dans les pages 48 à 50, Lina Murr Nehmé parle du "génocide de 1860" perpétré par les druzes à l’encontre des chrétiens, on laisse la responsabilité de ce terme à l’auteure.

En quelques étapes on arrive à la Première guerre mondiale dont Lina Murr Nehmé fait une lecture pro-autrichienne et anti-franc-maçonne pour la partie européenne, puis anti-anglaise et anti-américaine pour le Proche-Orient. L’auteure ne pouvait faire l’impasse sur le génocide arménien. La montée des Hachémites puis des Saoudiens, avec le système des mandats français et anglais puis la montée de l’influence sioniste reçoivent des éclaircissements.  

Ce livre donne une lecture originale des évènements du Proche-Orient, son contenu est parfois gênant par ses partis-pris que cautionnent quelques formules réductrices. Lina Murr Nehmé entend faire plus de son lecteur une personne qui partage son point de vue qu’un connaisseur éclairé. Il est évident que nombre de lecteurs ayant une culture historique seront gênés par des phrases, contenant plusieurs dimensions plus que controversables, comme celles-ci :

« En brisant Charles d’Autriche, les vainqueurs de la Première Guerre mondiale avaient ouvert la porte à Hitler » (page 93)

« L’Occident se déchargea de sa culpabilité en condamnant les Palestiniens non-juifs à devenir apatrides » (page 246)

Pour connaisseurs Beaucoup d'illustrations

Benjamin

Note globale :

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