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Aux villes saintes de l'Islam

Aux villes saintes de l'Islam
Le félin244 pages
1 critique de lecteur

Avis de Benjamin : "La Nahda ce n'est pas rien en milieu arabe"

L'ouvrage a en fait pour titre complet Aux villes saintes de l'Islam: Notes de mon voyage à La Mecque. Son auteur est Mohamed Ben Cherif et Luc Chantre nous présente cet officier indigène de l'armée française ayant un grand-père qui a combattu aux côtés d'Abd el-Kader ; il appartient à la tribu des Ouled el Ghouini de la confédération des Ouled Naïl. En 1908 Mohamed Ben Cherif accompagne Lyautey dans son intervention au Maroc et cinq ans plus tard il s'embarque d'Alger pour Marseille afin de là rejoindre les lieux saints de l'Islam par le Canal de Suez.

Depuis peu, grâce au développement technique des navires, le nombre de pèlerins pour La Mecque a nettement grossi, jusqu'à atteindre les 100 000 en 1913. L'effet négatif est, sur place et au retour, l'augmentation des épidémies. Les autorités françaises redoutent d'autre part que La Mecque étant aux mains des Turcs, les pèlerins ne reviennent avec des idées de révolte contre le colonialisme occidental. Ceci particulièrement en 1913, année du départ en pèlerinage de notre narrateur, où l'Italie vient de s'emparer des îles du Dodécanése et de la Libye et où le sultan du Maroc Moulay 'Abdel Hafid a abdiqué (et n'a pas été déposé comme cela est écrit page 17) après que son appel aux troupes françaises aient été suivi par l'occupation de la majorité de son pays par les armées de Lyautey. Moulay 'Abdel Hafid se rend également en pèlerinage sur les lieux saints en 1913.

Toutefois à partir de 1891 elles mettent un bémol à ces freins et même depuis 1910 elles facilitent le voyage des Algériens qui désirent approcher la Pierre noire qui est en fait un fragment de météorite sanctifié depuis l'Antiquité (à noter une autre Pierre noire du même type mentionnée dans les temps anciens, à savoir celle de l'empereur romain d'origine syrienne Héliogabale). Ceci expliquent que l'on recense pour l'année 1913 tout près de 4 000 Algériens ainsi qu'un peu plus de 4 000 Marocains et Tunisiens réunis qui font le Hadj. La situation morale, politique et religieuse est plus complexe qu'on le penserait en Arabie et on a droit à de lumineux éclaircissements sur la question.

En fait au départ notre narrateur doit rédiger un rapport pour le gouverneur de l'Algérie et c'est quelques années après qu'il remodellera son texte pour en faire un récit à destination d'un large lectorat. En fait la présence coloniale, avec les expropriations qui s'en suivent va conduire à une situation alimentaire fragile pour nombre d'indigènes et on a même des années de famine comme en 1893 et en 1909-1910. Si bien que nombre d'Algériens prennent comme motif de faire le pèlerinage à La Mecque pour obtenir la permission de sortir du pays et en fait s'installent dans l'Empire ottoman où le pouvoir facilite leur acquisition de terres agricoles.

Par ailleurs des Algériens avaient rejoint en Syrie après 1855 l'émir Abd el-Kader (en exil à Damas) ou avaient fui en 1871 année de la répression de la révolte kabyle. Pour l'essentiel d'entre elles, ces personnes ou leurs descendants sont établis comme tisserands ou militaires dans des corps spéciaux de l’armée ottomane. Des religieux et des intellectuels sont également présents. Mohamed Ben Cherif a pour mission de renseigner sur leurs activités de cette communauté forte alors de six mille membres. On apprend d'autre part qu'à Médine un quart de la population est d'origine maghrébine.

Outre une description du Proche-Orient, cet ouvrage apporte au lecteur l'information qu'au début du XXe siècle certains Algériens cultivés désiraient devenir citoyens et par un retour au seul texte du Coran entendait se lancer dans un la construction d'un réformisme musulman (adapté au monde contemporain) qui se fait d'ailleurs en lien avec une Nahda se développant fortement dans des milieux de diverses confessions au Liban et en Syrie.

Mohamed Ben Cherif est de retour en Algérie en 1914 et est mobilisé comme lieutenant, il est fait prisonnier à Lille en octobre 1914, il est interné à Glion dans le canton de Vaud en Suisse début 1916 et est rapatrié en mai 1918. Peu après sa nomination de capitaine, il redevient caïd des Ouled Si M’hamed. Il meurt en 1921 à Djelfa où une épidémie de typhus s'est déclarée.

Pour connaisseurs Aucune illustration

Benjamin

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Par - 298 avis déposés - lecteur régulier

298 critiques
02/06/17
Pour le cheikh Mustapha, il apparaît clairement que le jeûne du Ramadan est la continuité d’une vieille tradition préislamique, comme le hadj d’ailleurs ( le pèlerinage) et le Coran n’a prévu aucune sanction pour celui qui ne l’observe pas.
La tradition du jeûne dans la péninsule arabique est apparue à peu près deux siècles avant l’avènement de l’Islam, pendant le règne du roi de la Mecque Kalab Ibn Morra. La population a commencé alors à désigner le mois le plus chaud de la saison par le mot Ramadan. Le Roi de la Mecque constatant les souffrances du peuple a ordonné de s’abstenir de sortir pendant la journée et de travailler uniquement à partir du coucher du soleil. Les populations commencent à dormir le jour, à manger, boire et travailler la nuit.
http://www.lesiteinfo.com/opinion/un-grand-mufti-revisite-lhistoire-et-les-significations-du-ramadan/
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