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André Honnorat: Un visionnaire en politique

André Honnorat: Un visionnaire en politique
Maisonneuve & Larose ; Hémisphères 443 pages
1 critique de lecteur

Avis de Patricia : "L’honorable Honnorat fer de lance de la lutte contre la tuberculose"

Né le 10 décembre 1868 à Paris, Honnorat est directeur de cabinet de plusieurs ministres à la Belle Époque. André Honnorat reste fidèle à un parti laïc de républicains modérés, appelé  Parti Républicain Démocratique (PRD) lorsqu’il est député dans les années 1910 puis Alliance démocratique quand il est sénateur dans les années qui suivent le milieu des années 1920.  Contrairement à nombre d’élus républicains modérés de l’Entre-deux-guerres, il reste élu grâce au soutien des radicaux et non exclusivement avec des voix venues de la droite. André Honnorat est ainsi parlementaire des Basses-Alpes de 1910 à 1940. Il a été reçu franc-maçon en 1900 et doit le rester une quinzaine d’années.  

Il  propose des mesures d'intérêt démographique et d'assimilation des immigrés ; il est le promoteur de la législation antituberculeuse en France. Il s’intéresse aussi aux retraites ouvrières et paysannes ainsi qu’aux habitations ouvrières. En 1914, candidat également de la Fédération des gauches (pilotée par Briand et dont Tardieu est membre), il est soutenu par les radicaux valoisiens de sa circonscription quoique non radical-socialiste ; il est pour la loi des trois ans, pour l’impôt sur le revenu, l’élargissement des libertés syndicales et des mesures pour favoriser la natalité et l’amélioration des conditions de santé.  En 1919, il est opposé au scrutin de liste à Louis Andrieux, le père naturel du poète Aragon, ancien gambettiste et boulangiste mais resté républicain ; il est élu en compagnie de Paul Raynaud et d’un radical valoisien alors que le cinquième siège revient à un candidat de la liste socialiste.

Durant la Grande Guerre, il propose d'instituer l’heure d’été dans des modalités qui resteront jusqu’à l’invasion de la France par les Allemands en 1940. Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-arts entre janvier 1920 et janvier 1921, il voit le Sénat s’opposer à son projet de faire passer la scolarité obligatoire de 13 à 14 ans.

Il a fait voter le projet de loi relatif à la translation à l’Arc-de-triomphe de Paris des restes d'un soldat inconnu mort pour la France (le Panthéon est refusé par certaines associations d’anciens combattants). C’est dans ce gouvernement Millerand qu’apparaît pour la première fois un Ministre de l’Hygiène, de l’Assistance et de la Prévoyance sociale, ancêtre du ministère de la Santé ; il est confié à Jules-Louis Breton un député socialiste indépendant du Cher.

Il est à l’origine de la création de la cité universitaire de Paris qui se développe à partir de 1925.  Il siège au conseil d'administration de l'Institut Pasteur, en remplacement de Quénu et E. Roux, à partir de 1935 et jusqu’à sa mort. Il s’abstient lors du vote sur les pleins pouvoirs à Pétain. Il s'intéresse, dans l’après-seconde guerre mondiale, à l'équipement hydroélectrique de son département et suit le projet du barrage de Serre-Ponçon. Il décède en 1950.

Comme le député français radical Léon Bourgeois, André Honnorat se réclame du solidarisme, un courant de pensée qui est hostile tant au libéralisme qu’au socialisme. L’État intervient dans le sens de l’intérêt général et en respectant les libertés individuelles, afin d’apporter une amélioration des conditions de vie de la population. Il s’agit de développer le sentiment social. Les prélèvements fiscaux et sociaux effectués par la collectivité ou les associations, sur les revenus et les patrimoines de ses membres, sont de justes rétributions des gens redistribuées par les mutuelles et les administrations publiques.  

Pour tous publics Beaucoup d'illustrations

Patricia

Note globale :

Par - 64 avis déposés - lectrice régulière

64 critiques
24/10/20
Le programme en 1914 de la Fédération des gauches qui a été élaboré avec la participation d'Honnorat
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5361258/f4.item.zoom
277 critiques
24/10/20
Passage à l'heure d'hiver : est-ce vraiment la dernière fois ?
https://www.lci.fr/population/changement-d-heure-hiver-2020-dans-la-nuit-samedi-24-octobre-a-dimanche-cette-annee-est-ce-la-derniere-fois-que-l-on-avance-ou-recule-2168059.html
64 critiques
24/10/20
Herriot évoque Honnorat dans sa lutte contre la tuberculose dans Le Rappel du 3 mars 1912. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k75485992.item
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