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Il était une fois la Chine: 4500 ans d’histoire

Il était une fois la Chine: 4500 ans d’histoire
XO Éditions 381 pages
1 critique de lecteur

Avis de Xirong : "De Laozi à Xi Jinping"

Voilà une admirable synthèse avec des illustrations très variées ; on peut toutefois regretter que, pour certaines cartes, l’absence systématique de légende puisse poser quelques difficultés d’interprétation au lecteur. En fin de cet ouvrage, édité une premières fois il y a près de qunze ans, il n’est pas toujours tenu compte d’une actualité récente car la fin de l’enfant unique en Chine est entrée en vigueur au 1er janvier 2016 et l’île de Taiwan n’a plus un président issu d’un Guomintang mais, depuis mai 2016, une présidente Tsai Ing-wen (蔡英文), venue du DPP, un parti aux objectifs indépendantistes.  On peut par ailleurs regretter que l’impasse soit faite sur la bataille de Talas, livrée en 751, pour expliquer que c’est tout le Turkestan qui échappe à l’emprise de l’Empire du milieu, après cette victoire de la jeune dynastie arabe des Abbassides. Ceci expliquant, autant que la rébellion d’An Lushan et ses conséquences (décrites pages 184-185),  que « l’Empire du Milieu va revenir à sa taille originelle ».

Ces remarques marginales ne gâchent pas évidemment le contenu global très dense et accessible à des lecteurs qui n’auraient qu’une petite idée de la civilisation chinoise. On relèvera que les relations entre Tibétains et Chinois sont qualifiées de complexes et ambiguës dès le VIIe siècle (page 181). Si les Chinois faisaient la distinction entre barbares cuits 熟蕃 shúfān (sinisés culturellement) et barbares crus 生蕃 shēngfān (souvent nomades et belliqueux), la dynastie mongole des Yuan divise les populations, sur lesquelles elle règne, entre Mongols, Semuren色目人(tous ceux qui ne sont pas de race chinoise ou mongole) et les Hans (les Chinois en tant que peuple particulier).  

Hongwu, le premier empereur de la dynastie des Ming, est un Mao en herbe par rapport à la répression policière qu’il mit en place. Un de ses successeurs Yongle, non seulement agrandit l’Empire du milieu tant au-delà de la Muraille de Chine qu’au sud (le futur Tonkin des Français) mais envoie l’eunuque Zhen He (dont le père avait fait le pèlerinage à La Mecque) explorer l’Océan Indien (page 250). On a dans le texte principal des pistes pour se construire des explications sur l’impopularité du pouvoir des Mandchous auprès des Hans, corruption et bureaucratie incompétente sont en place dès la fin du XVIIIIe siècle (pages 284-285).    

Outre un récit continu, on a des focalisations sur des points précis comme, à l’époque Tang,  sur les arbalètes géantes qui tiraient simultanément 12 carreaux (page 182) ; pour la même dynastie, sont données une idée quantitative de l’importante production littéraire (page 184) et une évaluation de l’importance du manichéisme (page 187). Des explications spécifiques par rapport au bouddhisme traitent de l’évolution architecturale des pagodes, de certaines idées développées par des écoles précises. Toujours pour ces focalisations, si on est content de voir comment littérairement la piété filiale fut encouragée sous les Yuan, on est surpris de voir citer en exemple Hua Mulan car c’est bien avant la venue de cette dynastie qu’elle apparaît  dans un texte et ce n’est qu’avec les Ming que son personnage est popularisé. C’est sous cette dernière dynastie que fut mis en vogue le roman policier avec le Juge Bao (page 262) ; notons que les prémices de ce genre existaient sous les Song.

À découvrir aussi quel général français fut fait comte de Palikao par Napoléon III (page 301). On peut, contrairement à l’auteur, penser que ce n’est pas un excès d’opportunisme mais plutôt un manque de cette qualité qui fit que Sun Yat-sen, âme de la Révolution de 1812, fut si peu au pouvoir (page 323). En matière d’opportunisme, le général chrétien (qui baptisait ses troupes à la lance d’incendie, d’après certains chroniqueurs) semble plus habitué (page 325). Chiang Kai-sheck (Tchang Kaï-chek ou Jiang Jieshi) est  le beau-frère de Sun Yat-sen car il est l’époux de la sœur de la troisième femme de Sun Yat-sen ; on nous le dit fasciné par le Japon (page 327), selon nous du point de vue du développement économique seulement et il était loin de ne pas être séduit par certains aspects du régime nazi. Un des derniers points phares porte sur le différence entre le nombre d’hommes et de femmes ; en faveur des premiers le nombre serait de quarante millions.    

Pour connaisseurs Beaucoup d'illustrations

Xirong

Note globale :

Par - 425 avis déposés - lecteur régulier

425 critiques
22/04/19
Première preuve archéologique de l’existence de la mythique dynastie des Xia
https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/une-cite-inconnue-reecrit-l-histoire-chinoise_132558
Vidéo sous-titrée en anglais:
https://www.youtube.com/watch?v=bnWakd-3VHc
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