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D’un soleil à l’autre

D’un soleil à l’autre
Éditions de la Bisquine 206 pages
1 critique de lecteur

Avis de Xirong : "Franc-comtois, en Chine rends-toi! Bénis ma foi."

Notre titre fait allusion à la formule, montrant avec quelle réticences la Franche-Comté, passa aux mains de Louis XIV, à savoir : "Franc-comtois rends-toi ! Nenni ma foi". L’ouvrage est sous-titré Jean-Denis Attiret missionnaire jésuite, peintre de l’Empereur de Chine. Certaines des œuvres de ce dernier sont conservées au Musée de Dôle et en 2004 durant l’été s’était tenue dans ce musée une exposition (enrichie d’œuvres provenant d’autres musées) intitulée Jean-Denis Attiret, un Dolois du XVIII° siècle à la cour de l'Empereur de Chine qui avait donné lieu à un catalogue de 47 pages.

Jean-Denis Attiret est peintre à la cour de Chine 1738 à 1768 ; il ne se contente d’ailleurs pas de peindre les membres de la famille impériale, les notables de l’entourage de l’empereur manchou Qianlong (qui règne de 1735 à 1796 mais conservera la totalité du pouvoir jusqu'à sa mort en 1799) et les visiteurs (dont un lama tibétain), on a de lui des tableaux  autour de scènes religieuses, de bâtiments officiels et de leurs jardins, d’animaux  et de campagnes militaires comme celle dans le Pamir avec la bataille d’Alichur (阿尔楚尔之战, un site aujourd’hui au Tadjikistan) avec un poème de la main de l’Empereur qui accompagne.

Oeuvre de Jean-Denis Attiret, peintre jésuite à la Cour de l'empereur Qianlong (image absente du livre)

Jean-Denis Attiret est né à Dole en Franche-Comté l’année 1702, vingt-quatre ans après que le traité de Nimègue ait rattaché cette province au royaume de France jusque là dans le giron espagnol (du fait des suites de la mort de Charles Téméraire). Dole est l’ancienne capitale de la Franche-Comté et, face aux cantons suisses passés à la Réforme (Genève, Berne, Neuchâtel pour les plus proches) un des bastions de la Contre-Réforme.  

Wang Zhicheng (王致诚 est le nom chinois de Jean-Denis Attiret) étudie la peinture depuis son enfance et se rend à Rome pour se perfectionner, grâce à l’appui du Marquis de Broissia. Environ une petite dizaine d’années plus tard, il devient jésuite. Lorsqu’un courrier venant de Pékin écrit par le père Parennin informe que le jésuite Castiglione, qui exerce depuis vingt-et-un ans à la cour des Qing, est débordé par les demandes de peintures et fatigué (toutefois il ne décède qu’en 1766 à Pékin). En 1738, Jean-Denis Attiret part de Lorient vers Macao pour l’Empire du milieu ; l’auteure fait remarquer que Wang Zhicheng prend un bateau de la Compagnie des Indes et non un bateau portugais. Dans les deux cas les jésuites ont le privilège de voyager gratuitement.    

Le récit explique les conditions dans lesquelles l’implantation jésuite s’est développée en Chine et que les premiers artistes eurpéens à la cour impériale furent en 1698 la laïc Giovanni Gherardini (né à Modène) et le jésuite français Charles de Belleville (Wei Kia-lou, né à Rouen en 1657 et mort au Brésil en 1730). En juin 1739, Jean-Denis Attiret arrive à Pékin et on verra quelle y fut sa vie, ses voyages d’accompagnement du souverain et ses réalisations picturales.

Si on apprécie beaucoup l’index des noms propres, une page de chronologie autour de la Querelle des rites et une chronologie comparée entre d’une part la France et la Compagnie de Jésus réunies ainsi que d’autre part la Chine allant du règne de François Ier à la Révolution française, on regrette l’absence d’illustration à l’intérieur. Sur la couverture, on a le portrait d’un prince mongol ; le tableau  est conservé dans un musée berlinois.

Pour connaisseurs Aucune illustration

Xirong

Note globale :

Par - 307 avis déposés - lecteur régulier

307 critiques
28/11/17
Le Portrait Interdit, soirée exceptionnelle du 2 décembre 2017 autour du film.

17h30 au musée des beaux-arts : rencontre autour du tableau La concubine de Jean-Denis Attiret qui fut le point de départ du film, en présence du réalisateur et de l’Acteur.

20h au Studio -MJC de Dole : projection en avant-première du film Le portrait interdit de Charles de Meaux.

Au milieu du XVIIIe siècle, le jésuite Jean-Denis Attiret est un des peintres officiels de la cour impériale de Chine. Il se voit confier la tâche honorifique de peindre le portrait de l’impératrice Ulanara...
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