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Bestiaires entre Orient et Occident: représentations, utilisations et instrumentalisations

Bestiaires entre Orient et Occident: représentations, utilisations et instrumentalisations
Academia 149 pages
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Avis de Xirong : "Des insectes (虫 chóng) au dragon (龍 lóng), en passant par le cochon (豬 zhū)"

On connaît généralement le travail considérable produit sur les animaux (principalement pour la période de l’occident médiéval) par Michel Pastoureau, voilà un ouvrage qui vient compléter ces recherches. Le colloque "Bestiaire entre Orient et Occident: représentations, utilisations et instrumentalisations" s’est déroulé le 6 novembre 2015 à Louvain en Belgique, on en a ici les actes.

 

Ivan Gros assuré l’introduction et la conclusion, par ailleurs avec Kan Chia-ping et Tanguy Lepesant (National Central University à Taiwan) il a produit la communication Le bestiaire politique franco-taiwanais dans le patrimoine imaginaire de l’humanité. Alors que les autres textes sont peu ou pas illustrés, ici on a une riche iconographie avec en particulier l’image de l’île de Taiwan portant celle d’une baleine avec pour message "Taiwan the liberty of oceans". Le texte commence paradoxalement en citant la formule du président Mao évoquant  en 1956 les USA comme un tigre de papier (紙老虎 zhǐ lǎohǔ ).

  Baleine  symbolisant Taiwan

 

Si le dragon est un élément fondamental de la culture chinoise et sert beaucoup dans la caricature occidentale pour évoquer la Chine, son emploi dans les journaux formosans reste assez rare quoique l’on relève une image de dragon en 1991 renvoyant au début du mandat présidentiel de Lee Teng-Hui. Le texte se poursuit en relevant à quel animal ont pu être associé soit tel homme ou telle femme publique soit un parti politique à Formose. Sont présents le cheval (avec diverses formes et connotations), le cochon (symbole de prospérité), le renard, l’autruche, le mouton, le loup blanc. On note que par référence au parti démocrate et au parti républicain des USA, le Guomintang (parti nationaliste) est associé à l’éléphant alors que le DPP (mouvement pro-indépendantiste) est symbolisé par l’âne. Une partie de la communication présente les animaux qui ont pu être choisi, à un moment ou à un autre, afin de symboliser Taiwan ; on a vu que la baleine était présente mais elle est accompagnée de l’ours à collier (par opposition du panda du gouvernement de Pékin).  

 

Après l’introduction, on trouve un texte de Baudouin Van den Abeele (UCL) intitulé Bestiaires médiévaux : une tradition textuelle en perspective. Suivent les communications de  Frédéric Laugrand (Université Laval) sur La fascination pour les insectes et les petites bestioles: variation autour d’un même thème en Chine et chez les Inuit de l’Arctique canadien, Lin Te-Yu (NCU, Taiwan) pour Hybridité ambiguïté culturelles des animaux : L’enfant bleu et sa traduction chinoise  (il s’agit d’un roman en langue française du belge Henry Bauchau où un enfant a des crises psychotiques),  Patricia Giot (Institut libre Marie Haps) avec La symbolique des animaux mythiques et réels dans l’art chinois (avec évidemment une évocation des Qílín 麒麟), Paul Servais (UCL) à propos des Orientalistes occidentaux et le bestiaire chinois (1800-1940).

 

Frédéric Laugrand n’a pas manqué de rappeler l’usage important des insectes dans la pharmacopée chinoise : « Selon Ding, Zhao et Gao, près de cent quarante-trois insectes différents apparaissent dans le Handbook of Chinese Medical Animals «  (page 43).  Par ailleurs un thé de luxe (虫茶 Chóngchá)  est fabriqué à partir d’excréments de chenille de papillon de nuit qui sortent d’un élevage. La pollinisation de l’agriculture chinoise se fait par l’importation de nombre de bourdons, rien que pour la Belgique, il en était envisagé 20 à 40 millions par an dans l’accord signé en 2012. De très nombreux insectes sont aujourd’hui élevés en Chine pour les industries cosmétique ou pharmaceutique. Certaines petites bestioles sont utilisées pour la divination et dans les pratiques chamanistes, l’araignée joue là un grand rôle. L’art contemporain chinois ne manque pas également d’intégrer des insectes dans ses productions. L’auteur avance par ailleurs que si les Inuits sont fascinés également par les insectes, par contre chez eux ils suscitent une aversion totale. On voit à travers ce rapide résumé la richesse d’une des communications. Il reste à découvrir par soi-même l’intérêt d’autres.         

Pour connaisseurs Quelques illustrations

Xirong

Note globale :

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