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1914-1918 : Le Territoire de Belfort dans la Grande Guerre

1914-1918 : Le Territoire de Belfort dans la Grande Guerre
Archives départementales du Territoire de Belfort50 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Et le lion dans tout ça ? Il attend encore pour recevoir sa barre chocolatée et voir construite l'école des Barres"

Le Haut-Rhin resté français, tel est le nom du Territoire de Belfort jusqu’aux années 1920. Il a la particularité d’avoir vu sur son sol deux évènements liés qui anticipent le début de la Grande Guerre et d’avoir donné naissance à celui qui anticipe la cessation des hostilités. En effet Le 7 novembre 1918, Pierre Sellier (natif de Beaucourt) est en première ligne au moment de l’arrivée des plénipotentiaires allemands et clairon de son régiment, il sonne le cessez-le-feu qui permet de les accueillir. Son clairon est déposé au Musée des Invalides à Paris en 1925.

Quatre ans auparavant le caporal Peugeot avait succombé un jour avant la déclaration officielle de la guerre à la France par l’Allemagne, lors d’une incursion à l’intérieur du territoire français de cavaliers dont le chef le sous-lieutenant Albert Mayer natif de Magdeburg (il n’était donc pas alsacien comme les conseillers d’un président de la République nous l’avait dit). Le même jour les douaniers de Chèvremont font prisonniers le cavalier badois Reichmann.

Le mois d’août 1914 est marqué par un chassé-croisé car si 70 000 soldats arrivent dans le Territoire, 20 000 habitants en sont expulsés (femmes, enfants, étrangers). Si les Français prennent Mulhouse, ils sont vite contraints de l’évacuer et la contre-offensive allemande n’est stoppée au moulin de la Caille que par la victoire au bataille au moulin de la Caille. La guerre des tranchées s’installe à environ dix kilomètres de l’ancienne frontière, soit à près de vingt kilomètres de la ville de Belfort. Les bombardements sur Belfort en février 1916 sont très violents car destinés à faire diversion par rapport à l’attaque massive sur Verdun.

J’ai eu beaucoup de mal à trouver le point concernant le centre de renseignements de Réchésy, car il a été mis dans le chapitre "La guerre et la Suisse" et j’ai appris que sa création était due à Clemenceau (alors président de la commission sénatoriale de l’armée, doit-on préciser). Le dessinateur alsacien Hansi, arrivé d'ailleurs à Belfort peu avant la déclaration de guerre, n’est pas cité parmi les collaborateurs de cet organisme, car son action se fit au service de la propagande aérienne.

Il est remarquable que l’illustration couvre plus des deux-tiers de la surface et que quasiment tout ait un rapport direct avec l’espace géographique (parfois logiquement un peu élargi à l’Alsace et à la Suisse) traité. Le choix de caractères d’imprimerie très petits permet de proposer des informations très denses, prises dans des sources variées.

Si ce n’est à ma question de savoir si l’on pouvait évaluer le nombre d’habitants du Haut-Rhin resté français qui avaient échappé à la mobilisation pour se réfugier en Suisse n’a pas reçu de réponse, toutes les autres l’ont eu. La plus grande surprise m’est venue à la vue d’un fanion du Sacré-cœur attaché à un fusil par un soldat du 42e RI (une des unités stationnée à Belfort à la Belle Époque) et j’ai beaucoup apprécié la photographie de Clemenceau prise le 10 février 1918 par un particulier, sortant d’une coopérative militaire à Florimont, un village frontalier avec la Suisse qui comptait un peu plus des 300 habitants à l’été 1914 (page 33).

Les chapitres, souvent de six pages, ont pour titre : un espace de défense, le temps des premiers combats, l’impact du conflit en ville et dans les campagnes, les Belfortains sur tous les fronts, guerre aérienne et bombardements, le Territoire de Belfort zone des hôpitaux, la guerre et la Suisse, la présence militaire (où sont également recensées les déplacements de ministres), l’effort de guerre (les casques Adrian des poilus sont fabriqués pour une bonne part à Beaucourt et nombres d’obus à la Société alsacienne de constructions mécaniques à Belfort), vers l’armistice (avec en particulier deux soldats noirs américains), l’ensemble intitulé les morts, le retour des corps et les nécropoles et le groupe mémoire, souvenir et commémorations (avec pour le 15 août 1919 les fêtes du Haut-Rhin intégral).

Il s’agit là du catalogue de l’exposition qui se tient les jours de semaine au conseil général du Territoire de Belfort du 3 novembre au 31 décembre 2014 (voir les horaires à http://www.archives.cg90.fr/).

Pour tous publics Beaucoup d'illustrations Plan thématique

Adam Craponne

Note globale :

Par - 634 avis déposés - lecteur régulier

634 critiques
17/11/14
Sur le caporal Peugeot car il servait au 44e RI de Lons-le-Saunier, voir "Le caporal Jules-André Peugeot premier mort français de 14-18" dans "Jura-mag" septembre 2014
http://www.jura.fr/2014/09/juramag-n21-septembre-2014/
52 critiques
17/11/14
Qu'est-ce que l'école des Barres ? J'ai du mal à comprendre votre titre - par ailleurs très drôle comme d'habitude !
634 critiques
17/11/14
Il faut connaître Belfort pour savoir qu'il y a un quartier des Barres ou avoir été instituteur dans une grande ou moyenne ville, pour savoir qu'on parle de l'école de tel quartier. Même si on a eu tendance ces dernières vingt années à donner des noms de personnes à des écoles primaires, on a peut-être montré ses griffes (sic) pour que celle-là garde son nom.
409 critiques
06/06/15
Première Guerre mondiale. Le Kilomètre zéro, là où tout a commencé. Non loin de Belfort et de Joncherey où est mort le caporal Peugeot.

http://www.ouest-france.fr/premiere-guerre-mondiale-le-kilometre-zero-la-ou-tout-commence-3453056
307 critiques
22/07/15
La mère d'Albert Mayer était née Costenoble car elle appartenait à une famille d'origine huguenote. Le père d'Albert Mayer était directeur d'une banque à Magdebourg.
GLOTZ, Marc. A la veille de la Première guerre mondiale à Joncherey: le destin tragique du caporal Peugeot et du sous-lieutenant Mayer. "Bulletin de la Société belfortaine d'émulation, n°105, 2014, p.48.
409 critiques
20/09/16
Au Kilomètre zéro du front dans le Haut-Rhin mais très près des limites du Territoire de Belfort
http://www.paysagesenbataille.be/dernieres-nouvelles-du-front-episode-36-au-kilometre-zero-du-front/
409 critiques
26/10/18
Le service de santé des armées en 1914-1918 dans le Territoire de Belfort le 09/11/2018 à 20h00
Salle communale Anjoutey
Organisateur Mairie Anjoutey 09.77.75.43.56

Tarifs

Gratuit

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