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La vie quotidienne à Belfort durant la Grande Guerre

La vie quotidienne à Belfort durant la Grande Guerre
ARCHIVES MUNICIPALES DE BELFORT24 pages
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Avis de Octave : "Belfort échappe à un quatrième siège, mais est plongée dans le bain de la Première Guerre mondiale"

Voilà avec La vie quotidienne à Belfort durant la Grande Guerre un catalogue, d’une exposition tenue en 2008, qui pourrait servir d’exemple, non seulement à de nombreuses villes situées durant la Grande Guerre non loin du front, mais aussi à des cités de l’arrière. Le Territoire de Belfort représente la petite partie du Haut-Rhin qui est restée française après 1871, il couvre 610 km2 (Paris intra-muros atteint 105 km2), la frontière allemande est donc entre 1871 et 1914 à vol d’oiseau à environ 11 km de Belfort. Si la ville est menacée au début de la Grande Guerre, le relatif succès des armées françaises en Haute-Alsace la place à 25 km du front de fin août 1914 à l’automne 1918.

L’ouvrage est largement et finement illustré par des photographies de documents ou d’objets de l’époque (en rapport avec l’ensemble des communes du Territoire de Belfort) ; ainsi pour le passage consacré à l’évacuation des bouches inutiles, ce sont des clefs d’un logement abandonné qui sont présentées. Le retour de ces civils se fait durant la fin août 1915. Une double-page montre les réquisitions tant en matériel qu’en locaux, ainsi assiste-t-on temporairement à une translation qui voit la plupart des établissements scolaires publics et privés accueillir des hôpitaux et des cafés fermés, au début du conflit (pour éviter l’enivrement des soldats), recevoir des élèves. Un autre chapitre montre la rigueur du contrôle des déplacements des populations civiles et l’importance des bombardements aériens subis. Ultérieurement à la tenue de cette exposition, nous avons personnellement montré que ces raids aériens eurent comme effet positif la création orale puis la publication du classique de littérature de jeunesse La Bique par Numa Magnin qui, directeur de l’école normale de garçons de Belfort à la déclaration de guerre, cumule durant le conflit cette responsabilité avec celle d’inspecteur primaire.

Un autre chapitre montre les choix en matière de restriction alimentaire, de pénurie de pièces de monnaie (du fait de la thésaurisation) ce qui se traduit par des émissions de billets de 0,50 et 1 franc qui n’ont cours que sur le Territoire de Belfort et la partie de l’Alsace occupée par les troupes françaises. Dans la partie consacrée à la pénurie de main-d’œuvre, à côté des larges développements sur l’importance du travail féminin, on aurait aimé la mention de l’existence d’une présence de travailleurs venus soit de l’empire colonial, soit de Chine (voir ce que nous en disons dans notre critique de l’ouvrage Les travailleurs chinois en France dans la Première Guerre mondiale). La vie culturelle, les œuvres de guerre se voient consacrées chacune une page. À l’aviation française est offerte un chapitre, avec en particulier l’évocation d’Adolphe Pégoud ; du fait du sujet il n’était guère possible de mentionner ici l’existence d’as originaires de la région de Belfort à savoir André Herbelin, les frères Brun et Hugues Marcel. La proximité de la Haute-Alsace en partie « libérée » explique les nombreuses visites de personnalités civiles et militaires dont Clemenceau alors qu’il n’est encore que président de la commission sénatoriale des Armées.

L’importance des morts pour la France est soulignée avec entre autre l’existence de la nécropole nationale des Glacis. L’on sait que le caporal Peugeot, premier mort de la Grande Guerre, succombe à Joncherey (commune du Territoire de Belfort), que le clairon Pierre Sellier (il est né à Beaucourt le 8 novembre 1892 et décédé le 16 mai 1949) qui sonna l’armistice est un homme originaire du même espace géographique, que la seule offensive allemande qui menace sérieusement Belfort est arrêtée dans la région des Trois Montreux à la mi-août 1914, que les troupes américaines sont très nombreuses en Haute-Alsace de fin 1917 au 11 novembre 1918. Nul doute que dans les années à venir les évènements régulièrement honorés (à Joncherey le 1er août et à Montreux-Jeune le 11 août) gagneront en ampleur. D’ores et déjà on suivra une série d’expositions autour de la Première Guerre mondiale organisée par les musées de la Ville de Belfort tout au long de l’année 2014.

Octave

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03/09/18
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