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Promenades philosophiques dans Marseille, volume 2

Promenades philosophiques dans Marseille, volume 2
HC éditions234 pages
1 critique de lecteur

Avis de Benjamin : "Philosopher dans une cité phocéenne, une antienne !"

En 1824, Jean Pons Guillaume Viennet donne Promenade philosophique au cimetière du Père Lachaise . En 2012 Olivier Solinas, professeur de philosophie au lycée Marseilleveyre, dans le volume 1 de Promenades philosophiques dans Marseille, propose quarante lieux à découvrir ou redécouvrir dont deux chers à Marcel Pagnol à savoir le "château de La Buzine" (qui semblerait être le château de ma mère) et le parc Borelly (là où le petit Marcel se rend avec sa tante qui y rencontre son futur mari).

Six ans plus tard il récidive, toujours chez le même éditeur.  L’idée est de découvrir un lieu de la cité phocéenne et son histoire puis de tirer de cela une réflexion philosophique.  On retrouve d’ailleurs Marcel Pagnol, non avec le lycée éponyme relativement récent, mais avec le lycée Thiers où il fit ses études et où de plus Georges Pompidou enseigna avant la Seconde Guerre mondiale (remarque personnelle). Ici le message philosophique est en lien avec l’univers de la laïcité et s’énonce ainsi : « Laisse tes particularités et viens te heurter, armé de ta raison aux différences qui nous forment » (page 60).

Le texte précédent, évoquant tant le journal marseillais Le Sémaphore dans la rue Venture que Nietsche proposait une bien plus longue réflexion philosophique, en lien avec celle portée par le texte sur l’établissement scolaire évoqué. On n’en tirera ici que cette phrase : « (l’esprit libre) troque le besoin de liberté contre le désir de vérité » (page 54). Ajoutons qu’Émile Zola fut longtemps journaliste pour ce journal.

Une suggestion en prolongement pour un volume trois, traiter d’un lieu en rapport avec le journal de Louis-Oscar Frossard  (de mère juive, mais jamais inquiété pour cela, du fait selon nous de la protection de Laval). Le quotidien en question est Le mot d’ordre et il fait place le 11 mars 1943 au poème d’Aragon La rose et le réséda. C’est un vibrant appel à l'unité dans la Résistance, masqué par un univers médiéval, voir http://www.reseau-canope.fr/poetes-en-resistance/poetes/louis-aragon/la-rose-et-le-reseda/

Pour les historiens de la vie en France durant la Seconde Guerre mondiale, le 425  rue Paradis à Marseille est souvent connu. C’était le siège de la Gestapo, et on nous rappelle deux noms de personnages Ernest Dunker du côté des bourreaux et Jules Mouler du côté des victimes,. Ancien pilote durant la Première Guerre mondiale, il est mobilisé sur la base aérienne proche de Salon-de-Provence en 1939 et est arrêté, boulevard Baille, peu de jours avant la libération de Marseille (suite au débarquement en Provence). La dissertation sur la notion du mal s’imposait presque. De ce long discours d’Olivier Solivas, on retiendra :

« Lorsque Socrate enseignait que nul ne fait le mal volontairement, cela ne veut pas dire que le mal n’existe pas, mais que nous le faisons seulement par l’ignorance du vrai bien. C’est-à-dire par ignorance d’un bien au-delà de nos petits intérêts à courts termes, mesquins et vils. Au fond de toute méchanceté, il y a la bêtise, de la confusion d’intérêts et une véritable incompréhension du réel : un manque d’intelligence du cœur »  (page 160).       

Parmi les autres lieux visités  on trouve : la pharmacie du père Blaise (dans la rue Méolan), la villa Gaby (sur la corniche), les Messageries Maritimes (dans le deuxième arrondissement, place Carnot), la digue du Large (également dans le deuxième arrondissement), la tour des Catalans (non loin de la plage éponyme), l’hôpital Caroline (sur l’île de Ratonneau), le quai des Belges (avec l’origine de l’expression "c’est la sardine qui a bouché le port de Marseille")…  Il semblerait que ces textes aient été tout d’abord sujets de chroniques sur le média phocéen Radio Grenouille. L’ouvrage séduira tant les Marseillais que les touristes qui désirent réaliser combien une vision culturelle peut être portée par des lieux divers souvent qualifiés (à tort) d’ordinaires par ceux qui passent devant.   

Pour connaisseurs Aucune illustration

Benjamin

Note globale :

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