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François Ier

François Ier
Perrin1020 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Souvent renommée varie, bien fol est qui s’y fie"

"Souvent femme varie, bien fol est qui s’y fie" est un mot d’esprit que fit graver le roi François Ier  sur un vitrail d’une fenêtre du château de Chambord selon Brantôme. Ce dernier rapporte le fait dans son fameux "Recueil des dames". Or la popularité et l’image dans la mémoire collective des Français, voire des Européens de ce monarque évoluèrent dans de nombreuses directions. La Restauration fit beaucoup pour lui, comme pour Henri IV, dans la construction de sa légende de roi-chevalier.

Didier Le Fur nous aide à prendre conscience du rôle de premier plan qu’il joua à son époque et des choix qu’il fit dans divers domaines.  Certaines de ses décisions engagèrent ses successeurs vers des voies qui tinrent de la longue durée. Ainsi l’alliance avec les Turcs pour mieux contrer les Habsbourg, son appui aux princes protestants à l’extérieur (la France adhéra même à la première ligue d’Augsbourg, alliance de villes libres d’Empire dont Strasbourg et de principautés passées à la Réforme dont l’électorat de Saxe) et une répression des huguenots à l’intérieur. En inaugurant la vente des offices, il prépare de grandes difficultés pour les souverains qui voudraient réformer l’administration du pays.       

Pour ce qui est de la politique italienne par contre François Ier ne fut qu’un continuateur. À  partir de 1494 et jusqu’en 1559, les rois de France réclament une partie du gâteau italien, selon les époques Naples ou/et le Milanais. Cet ouvrage nous aide à comprendre pourquoi ces souverains formulèrent de tels souhaits de se trouver à la tête de ses principautés. Toutefois il ne porta dans ce domaine qu’un des aspects de ses rêves de grandeur. Il le traduit d’ailleurs tant par les guerres que par son intérêt pour les arts.

Il semblerait que François Ier suivit bien souvent l’opinion de femmes proches de son entourage, certaines fois pour son plus grand malheur (en soutenant sa mère, fille de Marguerite de Bourbon, dans ses prétentions sur des terres auvergnates, il entraîne le passage à Charles-Quint d’un de ses meilleurs chefs de guerre, à savoir le connétable de Bourbon). Toutefois le royaume de n’eut par contre qu’à se féliciter de la conclusion de la Paix des dames, négociée en 1529 par cette même Louise de Savoie et Marguerite d’Autriche, sous les bons auspices de Marie de Luxembourg.

Après avoir consacré près de 800 pages à narrer les principaux évènements concernant François Ier, Didier Le Fur s’attache à faire, en 100 feuilles, un bilan critique de la personnalité et du règne en divers points:  le roi-chevalier, le prince galant, autopsie d’un roman amoureux, père des lettres et inventeur du Collège royal, le protecteur de la langue française et des artistes. En conclusion, voici un très copieux ouvrage qui peut se lire presque comme un roman historique (tant les conséquences de l’action du roi sont pleines de rebondissements et tant sa rivalité avec Charles-Quint sert de fil rouge), mais c’est également un ouvrage qui est le fruit de nombreuses recherches à partir de documents de l’époque du règne ou de l’ensemble du XVIe siècle.    

Pour connaisseurs Quelques illustrations

Adam Craponne

Note globale :

Par - 634 avis déposés - lecteur régulier

499 critiques
24/05/15
François 1er introduit la loterie en France le 21 mai 1539

http://www.herodote.net/21_mai_1539-evenement-15390521.php
634 critiques
16/06/15
Périgueux : une Fête de l'histoire sous le signe de François Ier à partir de mercredi 17 juin

http://www.sudouest.fr/2015/06/11/perigueux-une-fete-de-l-histoire-sous-le-signe-de-francois-ier-1948519-1980.php
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