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Histoire de la Réforme protestante dans le Pays de Neuchâtel

Histoire de la Réforme protestante dans le Pays de Neuchâtel
Alphil ; Presses universitaires suisses 134 pages
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Avis de Ernest : "Ne pas confondre Neuchâtel en Suisse et Neufchâtel en Normandie, unis toutefois par les fromages"

Les Neuchâtelois ont été les premiers francophones à populariser la fondue que l’on allait appeler "fondue savoyarde" et le Neufchâtel est un fromage en forme de cœur. Le passage au protestantisme, le retour du catholicisme ou son maintien est une histoire qui est propre à chacun des cantons actuels de la Suisse.  Notons, auprès de Guillaume Farel à Neuchâtel, le prédicateur Mathurin Cordier, qui est directeur des écoles de la ville ; il avait été le professeur de Calvin au Collège de la Marche. Mathurin Cordier est présenté ici, comme ailleurs, natif de la Normandie, alors qu'il était percheron.

La double particularité pour Neuchâtel est que ce qui était alors un comté appartenait alors à une famille catholique (à une exception près entre 1552 et 1565 avec la première partie de la suzeraineté de Léonor d'Orléans) et que ce comté n’était pas membre de la Confédération helvétique. Au moment où la Réforme s’impose le comté est aux mains de la catholique Jeanne de Hochberg et après sa mort en 1543 ce sont le duc et le cardinal de Guise qui exercent la régence pour le très jeune François III d’Orléans-Longueville (mort en 1551). Au moment de la Paix d’Augsbourg qui en 1555 accorde la liberté de culte aux seigneurs allemands (leurs sujets doivent adopter la religion de leur suzerain), le comté de Neuchâtel a deux seigneurs le catholique Jacques de Savoie-Nemours et le protestant Léonor d'Orléans. Le premier renonce en 1557 contre dédommagement financier et le second attend ses vingt-cinq ans pour quitter le calvinisme et devenir catholique.

Absence de cette carte dans l'ouvrage.

Le grand réformateur du pays de Neuchâtel est Guillaume Farel, né à Gap en 1498 et mort à Neufchâtel en 1565. Farel prêche la réforme à la population montbéliardaise en 1524 et 1525, à la demande de son suzerain le duc de Wurtemberg Ulrich VI qui passe au luthéranisme. En 1525 et 1542 la ville de Metz l’invite à prêcher la nouvelle religion. À la fin de 1529 et en 1530 il agit à Neuchâtel et il est agressé dans la seigneurie voisine de Valangin durant l’été (page 62), celle-ci passe définitivement au protestantisme en 1536. En 1531 il est à Orbe, baillage commun des cantons de Bene et Fribourg où il rencontre Pierre Viret. En 1538 Guillaume Farel est chassé de Genève pour ses options religieuses et peut-être aussi parce que son union avec une jeune femme de dix-huit ans fait scandale. De cette date à sa mort, il sera pour l’essentiel à Neuchâtel. Il est à noter que dans le pays de Vaud, il se fit l’agent des Bernois combattant les partisans de Calvin et fit à Neuchâtel ce contre quoi il avait combattu à savoir la totalité indépendance de l’Église réformée vis-à-vis du pouvoir civil.

Absence de cette image de Pierre Viret dans l'ouvrage.

Les pages 37 à 40 nous présentent la demi-douzaine de précurseurs qui accompagnent Farel, tous sont d’origine française (comme Mathurin Cordier) à l’exception de Pierre Viret qui d’ailleurs ira finir sa vie à l’Académie protestant d’Orthez dans les états de Navarre passés au protestantisme.  Une partie de la comté de Neuchâtel reste catholique, c’est la châtenerie de Landeron ; la population est restée résolument hostile à la Réforme.

Jean-Frédirc Osterwald modernise le protestantisme neuchâtellois à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle. On a quelques exemples de propagande menées depuis Neuchâtel vers le royaume de France ; le plus malheureux est évidemment en 1534 l’Affaire des placards qui voit s’y mêler le pasteur Antoine Marcourt (d’origine picarde) et l’imprimeur Pierre de Vingle  natif de Lyon. Ce dernier, en 1535, imprime en particulier la Bible dite d'Olivetan, première Bible protestante en langue française. Décidemment la liberté de ton de Jean-Jacques Rousseau dérange partout et dans les années 1760 il se voit expulsé de la comté. Une seule carte est proposée ; située à la page 83, elle donne les juridictions consistoriales du Pays de Neuchâtel. Au total on a une demi-douzaine d’illustrations en pleine page.  

Pour connaisseurs Peu d'illustrations

Ernest

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