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Une histoire de la Réforme protestante en Suisse (1520-1565)

Une histoire de la Réforme protestante en Suisse (1520-1565)
Alphil ; Presses universitaires suisses2017 pages
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Avis de Ernest : "Et la Suisse devint un phare de la chrétienté"

Aujourd’hui en matière de protestantisme réformé non luthérien, la Suisse est un pays auquel on pense spontanément. Il est bon de voir comment il le devint et combien de territoires furent en fait regagnés par les catholiques. Cet ouvrage est très intéressant mais c’est une carte des religions qu’il nous manque. En effet ce qui nous est offert ce sont deux cartes des limites de la Confédération aux dates de 1515 et 1536, elles ne sont pas inutiles et permettent de comprendre quels cantons ou villes étaient soit membres, soit alliés, soit sujets de plusieurs cantons (baillages communs).  

Si le cas de Neuchâtel est assez largement évoqué et celui de Genève plus ponctuellement, il faut bien comprendre que le protestantisme de langue française s’implante dans quatre espaces différents : le Pays de Vaud sous domination bernoise, le comté de Neuchâtel, la ville de Bienne et  la ville de Genève (ces deux dernières avec des territoires ruraux) qui ne font pas partie de la Confédération mais ont des statuts d’alliés. La Réforme s’installe également dans un certain nombre de territoires qui resteront quelques dizaines d’années sous contrôle bernois comme le Chablais occidental ou le Pays de Gex mais qui seront rendus ultérieurement à la Savoie. Dans l’espace stricto sensus de la Confédération helvétique, les cantons qui passent à la Réforme sont tous alémaniques puisque le seul francophone Fribourg est bien ancré dans le catholicisme.

La carte fixant les frontières religieuses, après les reconquêtes dues à la Contre-Réforme. On regrette son absence dans l'ouvrage.

Alors que Bâle est le seul centre intellectuel en matière de religion jusqu’au début du XVe siècle, l’espace suisse va le perdre mais par contre en gagnera deux fort conséquents à savoir Genève et Zürich. C’est justement à Bâle qu’Erasme (lui aussi fils illégitime d’un prêtre) fait publier en grec Novum Instrumentum omne, cette version des Évangiles sera traduite en plusieurs langues vulgaires par Luther, Zwingli et Calvin.  

Outre Calvin et Guillaume Farel pour les alliés, la Confédération helvétique va connaître les actions évangélisatrices principalement de Zwingli, Joachim Vadian, Théodore de Bèze (né à Vézelay en 1519), Heinrich Bullinger (fils naturel d’un curé d’Argovie), Michael Eggenstorfer (natif en 1465 de Constance, alors ville impériale, qu’il verra payer en 1548 son adhésion au protestantisme par une annexion à l’Autriche) et Konrad Grebel.   

Zwingli est aumônier à la bataille de Novare en 1513 ou les lansquenets au service de la France se sont étrillés par les Soldats suisses combattant pour la Confédération helvétique et Hercule Maximilien Sforza le duc de Milan. Il en naîtra chez lui une profonde hostilité au mercenariat qu’il fera partager aux cantons helvétiques passé à la Réforme et qui, selon nous, a pu faciliter le retour au catholicisme d’espaces suisses et en particulier le canton de Soleure. Sont détaillées, outre les actions de Farel, Calvin et Zwingli à Zürich (où il était curé de la collégiale), les agissements de Joachim von Watt (dit Valdian) qui revient pour l’évangéliser à Saint-Gall ville impériale (ce qui explique que par contre la principauté abbatiale de Saint-Gall soit redevenue catholique). La paix d’Augsbourg reconnaissant uniquement la religion luthérienne, on doit à Heinrich Bullinger et à l’Alsacien Leo Jud les contorsions idéologiques propres à faire passer la Confession helvétique de 1561 pour luthérienne. Il est significatif que le seul canton à ne pas la signer au XVIe siècle soit celui de Bâle parce que justement gagné aux idées de l’ancien frère augustin de Wittemberg.

On s'attardera également autour d'un chapitre sur l'échec anabaptiste à Zürich et sur le neuvième chapitre intitulé "La culture religieuse de protestantisme suisse". On relèvera que la couverture reprend un tableau d’Albert Anker, à savoir La soupe au lait de Kappel, qui est un évènement légendaire des conflits entre protestants et catholiques en Suisse au XVIe siècle. 

Pour connaisseurs Peu d'illustrations

Ernest

Note globale :

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