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Princesse et combattante: Souvenirs de la Princesse Marie de Croÿ

Princesse et combattante: Souvenirs de la Princesse Marie de Croÿ
Bibliomnibus197 pages
1 critique de lecteur

Avis de Octave : "Ici on ne couche pas !"

Dans un ouvrage de base du cursus universitaire "Les femmes, actrices de l’Histoire France 1789-1945", Yannick Ripa, pour la partie consacrée à la Première Guerre mondiale, propose une page et demie sur les actions pacifistes des femmes et pas une ligne sur leur rôle dans la Résistance durant la Première Guerre mondiale.

Le livre "Princesse et combattante : mémoires de Marie de Croÿ  1914-1918" est le récit par la narratrice de la façon dont elle vécut la Première Guerre mondiale. Fin août 1914, au moment où commence le récit, soldats français et anglais se replient et repasse la frontière cette fois dans le sens nord-sud. Certains se trouvent isolés par la fulgurante avancée allemande et les propriétaires du château de Bellignies, situé côté français à cinq kilomètres des limites entre les limites de la province du Hainault et du département du Nord, vont chez eux à la fois installer un hôpital pour les blessés de toutes origines, cacher des soldats alliés et accueillir l’état-major du général von Gluck qui comprend en particulier le duc de Schlesvig-Holstein frère de l’impératrice du Reich.  

Nous voyons comment par la suite se monte un réseau de résistance s’appuyant, outre sur le frère de la narratrice, sur femmes françaises ou belges très catholiques  (dont la comtesse Jeanne de Belleville, résidant en Hainault à dix kilomètres du château de Bellignies)  et une Anglaise anglicane (Edith Cavell), des curés des deux mêmes pays  et un architecte Philippe Baucq, fondateur d’une œuvre catholique d’aide aux pauvres d’un quartier de Bruxelles. Contrairement aux réseaux de Gabrielle Petit (née à Tournai) ou de Louise de Bettignies (née à Sain-Amand-des-Eaux) il ne s’agit pas d’espionnage mais de cacher des soldats alliés pour leur faire parvenir aux Pays-Bas dans un parcours en deux temps : Bettignies (ou Saint-Vaast)-Bruxelles puis Bruxelles-frontière hollandaise. Edith Cavell, infirmière anglaise à Ixelles en Belgique au moment de la déclaration de guerre, est à l’intersection des deux trajets. Le point commun de tous ces réseaux de femmes catholiques était selon la droite française de l’Entre-deux-Guerres, que là contrairement à des espionnes laïques, comme Marthe Richard, on ne couchait pas pour obtenir des informations de l’ennemi ou le distraire de sa tâche. D’où notre titre.     

Durant l’été 1915 les acteurs sont arrêtés à de très rares exceptions comme Henriette Moriamé (qui se fait religieuse) et frère de la narratrice qui parvient en Angleterre. Marie de Croÿ est condamné en envoyé dans une forteresse de Rhénanie. Elle est placée dans la cellule d’une prisonnière allemande qui venait de mourir de la tuberculose, et en conséquence l’attrape (page 136). Grâce à une multitude de suppliques de tout le gotha princier de l’Europe, y compris une de l’impératrice d’Autriche Zita et une de ses cousins des princes allemands, elle est transférée dans un hôpital à Munster.   À noter que l’on a ici un des textes les plus intéressants autour du séjour et de la mort de Louise de Bettignies qui étaient enfermée avec la narratrice à Sieburg non loin de Cologne.    

La "Princesse et combattante : mémoires de Marie de Croÿ  1914-1918" est la réédition de "Souvenirs de la Princesse Marie de Croÿ " publié en 1933. Toutefois à une lettre-préface du comte de Broqueville (chef du gouvernement belge durant la Première Guerre mondiale) a succédé une introduction de deux pages d’Hélène Amalric. Sauf pour un passionné par la Première Guerre mondiale dans routes ses dimensions, il y aurait eu besoin d’un appareil de notes. En effet l’auteure commet des erreurs de dates comme l’a relevées  Élise Rezsöhazy et des inexactitudes comme selon nous avec la profession de Louise Thulliez (donnée comme institutrice à Lille dans cet ouvrage, alors qu’elle est professeur de français dans un collège catholique). Par ailleurs, par exemple, qui peut deviner que derrière "mes cousins de Dulmen" se cachent des princes allemands…

Marie de Croÿ fut notamment nommée chevalier de la Légion d'honneur avec Croix de guerre et Chevalier de l'Ordre de Léopold de Belgique. Le souvenir d’Edith Cavell se perpétue outre en Angleterre et Belgique également par une statue à la fois dans le Jardin des Tuileries et à Belfort devant l’entrée de l’hôpital de l’époque.  

Pour connaisseurs Aucune illustration

Octave

Note globale :

Par - 422 avis déposés - lecteur régulier

356 critiques
21/01/17
Le presbytère de Maroilles a été un haut lieu de Résistance pendant la Grande Guerre. (...) L’abbé a tenu un journal intime retraçant la vie à Maroilles sous l’occupation.
http://www.lavoixdunord.fr/91393/article/2016-12-17/comment-les-maisons-de-cure-s-ouvrent-leur-seconde-vie
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