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Pleurs au fusil

Pleurs au fusil
De Borée 318 pages
1 critique de lecteur

Avis de Octave : "Le purgatoire a pris fin avec la Grande Guerre car les catholiques ont connu l’enfer"

Cet ouvrage était sorti en 2013, l’auteur a tenté de reconstituer la vie des habitants d’Ohain durant la Grande Guerre. Si le récit est centré sur la vie des civils, il est bien entendu question des combats qui se déroulent non loin de la frontière franco-belge et des nouvelles que l’on reçoit des poilus du coin. Comme le rappelle l’auteur, on là dans la partie française du Hainaut (le rattachement se fait soit en 1659 soit en 1678), une zone où le catholicisme reste très influent avant 1914 (contrairement à d’autres régions de ce même département du Nord). C’est alors un espace essentiellement rural  avec pour ville Valenciennes et Maubeuge.

Cette carte est absente de l'ouvrage

Philippe Tabary fait ici profession de romancier, afin en particulier de protéger la vie privée des personnages et pouvoir développer sur leurs relations sentimentales. Dans cette commune très tôt occupée et très tard libérée, la présence allemande a duré plus de quatre ans. Ceci veut dire que la présence germanique se traduit par des relations entre occupanrs et occupés qui s'individualisent et un personnage comme Mélanie, veuve de poilu, couche avec un médecin allemand. Et même si on ne peut douter que ce fut une histoire d’amour, il est certain que cela ne pouvait qu’être très mal vu par la majorité des villageois.  

On ignore souvent combien cette occupation fut lourde, tant du point de vue des réquisitions matérielles que des privations. L’auteur montre la quasi conscription des jeunes adultes pour le travail obligatoire sur place mais moins la déportation de certains en Allemagne comme on put le faire certains ouvrages historiques. On voit combien, gage d’une certaine évolution des esprits dans les Années folles, un petit réseau d’exfiltration, vers les Pays-Bas de soldats français restés à l’intérieur de la zone d’occupation, réunit le curé et deux notabilités connues avant 1914 pour leur anticléricalisme. Ce villlage est d'ailleurs dans la zone où agissait le réseau autour de Marie de Croÿ, préciserons-nous personnellement.

Des deux côtés de la frontière les marchandises n’ont pas le même degré de rareté et la contrebande persiste. Les conditions concrètes et de fortune de scolarisation des enfants sont racontées pages 103 et 104. Le rapatriement, d’une gueule cassée prisonnier en Allemagne, se traduit par le suicide de sa compagne se sentant incapable d’assumer une vie commune avec un homme dont l’apparence lui fait horreur. D’autres retours, cette fois durant l’année 1919, se font dans les cris du mari et la douleur de son épouse quand le premier découvre un enfant dont la date de naissance est postérieure à l’été 1915. On perçoit non seulement les conditions matérielles de vie durant la Grande Guerre mais aussi les conséquences psychologiques durables que le conflit entraîna.    

coup de coeur !

Pour tous publics Aucune illustration

Octave

Note globale :

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