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Mon école dans la Grande Guerre

Mon école dans la Grande Guerre
Archives départementales de l’Aisne 36 pages
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Avis de Adam Craponne : "La classe axonaise menée de front"

Mon école dans la Grande Guerre est une exposition ouverte aux Archives départementales de l’Aisne du 15 avril au 31 mai 2016 puis du 1er juillet au 30 septembre 2016, du lundi au vendredi de 9 h à 17 h. Des ouvertures exceptionnelles sont prévues les 17 avril, 21 mai, 2 juillet, 17 et 18 septembre 2016 de 14 h à 18 h.

On a ici le catalogue de l’exposition. À l’issue de la Première Guerre mondiale le département de l’Aisne fut celui qui se révéla le plus dévasté. En effet offensives, contre-offensives et replis stratégiques le concernent régulièrement, alors que dans les dix départements envahis on a des endroits où le front n’évolue quasiment pas. C’est le cas pour les Vosges et a fortiori avec les Ardennes qui sont entièrement occupées durant quasiment toute la guerre.

 Alors qu’au tout début septembre 1914 c’est tout le département qui est envahi, le front se stabilise à la hauteur de Soissons entre septembre 1914 et février 1917, remonte au nord-est jusqu’à Saint-Quentin pour un peu plus d’une année puis redescend jusqu’à Château-Thierry début juin 1918 pour dépasser Vervins et Hirson (à l’extrême nord-est du département) les 7 et 8 novembre 1918. Une double-page au contenu heureusement didactique montre ces évolutions du front.

Que ce soit en zone occupée ou dans les villages restés aux mains des forces françaises une partie des locaux scolaires sont réquisitionnés. Avant de s’attacher à voir les conditions de scolarisation dans ces deux espaces durant la Grande Guerre, une description fine est faite de l’évolution de l’enseignement primaire entre 1880 et 1914 (un seul paragraphe concerne l’enseignement secondaire). On apprécie qu’une page entière évoque le système scolaire allemand en faisant remonter à la Réforme les premiers efforts conséquents de création d’écoles pour les enfants du peuple.

En fait il n’y a pas deux zones à distinguer mais trois, celle qui est totalement occupée durant les années scolaires 1914 à 1918 (soit près de la moitié du département), le quart qui ne voit passer les Allemands dans les deux sens entre fin août et début septembre 1914 et un dernier quart qui est une zone de front. C’est évidemment dans cette dernière partie que le plus d’écoles ont été fermées. On aurait aimé savoir sans quelle proportion les enseignants en poste au 31 juillet 1914 et leurs inspecteurs sont restés en zone occupée (nous connaissons personnellement au moins un cas pour ce dernier corps). Dans tous les secteurs l’appel aux instituteurs retraités et aux jeunes femmes titulaires du brevet élémentaire donne des résultats conséquents.

En matière de souvenir, on associe parfois les morts de 1870 et ceux de la Grande Guerre dans ce département, comme avec pour les instituteurs. La reconstruction des écoles se fait avec l’aide des communes (comme Lyon pour  Vailly-sur-Aisne) ou d’œuvres pilotées parfois par des inspecteurs primaires qui ont été des poilus (nous citerons personnellement Aimé Souchet inspecteur dans la Vienne). Le cas des écoles d’une dizaine de villages est évoqué, par des travaux de recherche d'élèves d'aujourd'hui, on note que les Allemands destituent parfois un instituteur laïc pour le faire remplacer par un enseignant catholique comme à La Capelle.

Il aurait été intéressant de citer quelques écoles en zone non occupée où on voit des transferts des écoles du laïc vers le privé car le cas est remarqué, à des niveaux plus ou moins forts, au niveau de l’hexagone. De plus faire comprendre qu’avec l‘hécatombe  (plus de 20% des instituteurs mobilisés sont morts pour la France) l’enseignement dans les écoles de garçons reste pour partie confié à des maîtresses. En France la dominante féminine dans l’enseignement primaire s’installe définitivement. Certes ces observations concernent tout le pays et non uniquement l’Aisne mais il n’aurait pas été inutile de faire prendre conscience de ces phénomènes.

L’ouvrage est très largement illustré et de façon diversifiée, même si on aurait pu faire le choix d’une moindre quantité qui aurait permis d’éviter par exemple des reproductions de carte postale sur 5 cm2.                      

Pour tous publics Beaucoup d'illustrations

Adam Craponne

Note globale :

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