La renaissance de la Route de la soie, de Pierre Picquart : avis et résumé critique de Adam Craponne


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La renaissance de la Route de la soie

La renaissance de la Route de la soie
Favre219 pages
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Avis de Adam Craponne : "Chine-Chine sur la Route de la soie, mais qui trinque?"

Pour qu’il y ait renaissance, il faut qu’il y ait eu naissance et en fait « cet ouvrage propose de revivre l’histoire de la route la plus ancienne du monde et de découvrir la Route de la soie du XXIe siècle » (page 11). La première partie de l’ouvrage est donc une histoire de ce moyen de communication et on goûtera particulièrement un extrait de la lettre, transmise par Jean de Plan Carpin, du pape Innocent IV à Güyük petit-fils de Genghis Khan. Ce dernier succède à son père Ögödei, après plusieurs années  de régence de la mère de Güyük. En août 1246, quand Güyük devient grand kahn, la Chine n’a pas été encore entièrement conquise, toutefois toute la dernière partie de la Route de la soie est sous le contrôle des chefs mongols.

Ce n’est d’ailleurs pas lui qui mène les offensives en Europe mais son cousin Batu à la tête de la Horde d’or avec qui Güyük est en opposition. Güyük, quoique grand khan, n’avait pas l’autorité nécessaire pour conclure une alliance des Mongols avec la chrétienté contre les musulmans. De plus on assiste à un joli dialogue de sourds car le pape proposant donc une alliance et un baptême, là où le Mongol attend une soumission et se réclame de la foi bouddhique. Il est donc très intéressant de lire, page 81, la réponse faite par Güyük.

Non seulement évidemment la soie, mais aussi l’imprimerie, le papier, la boussole et le canon sont arrivés de l’Empire du milieu en Europe. Les pages 98 à 100 dressent un historique de la Route de la soie de – 7000 avec ce qui est alors la Route du jade reliant le centre le Chine actuelle à ce qui allait devenir le Turkestan chinois puis le Xinjiang d’un côté et le futur Empire du milieu à la Birmanie en avenir pour le second cas.

La seconde partie présente le projet des autorités chinoises autour d’une nouvelle Route de la soie qui permettra de moderniser outre une partie de l’ouest de la Chine (et en particulier la région de Xi’an où a été découvert le tombeau des statues des soldats du premier empereur de Chine) mais aussi de développer des voies de communication par le Kazakhstan et Kiev pour arriver à Anvers.  

On apprécie beaucoup que l’auteur s’intéresse également aux relations de la Chine avec l’Afrique et dévoile pour l’Amérique le projet de créer, au Nicaragua, un canal parallèle à celui de Panama. Toutefois les USA et de nombreuses ONG (on suppose pour des raisons écologiques, en particulier de pollution d’eau potable à la disposition des Nicaraguayens et de destruction d’espèces animales) sont opposés à ce projet dont l’horizon serait 2029 (et il est possible d’après nous qu’il ne voit jamais le jour). Ajoutons qu’en 1780, l’ingénieur français Martin de la Bastide, présenta au roi d'Espagne un projet de communication entre les deux océans en utilisant le lac Nicaragua qui est près de 40 m en-dessous du niveau de la mer. Notons que le ton est assez apologétique vis-à-vis des initiatives chinoises présentées.     

idé cadeau

Pour connaisseurs Peu d'illustrations

Adam Craponne

Note globale :

Par - 541 avis déposés - lecteur régulier

340 critiques
15/08/18
Des Chinois originaires de la Rome antique : l’ADN au secours de la légende ?
https://www.maxisciences.com/chinois/des-chinois-originaires-de-la-rome-antique-l-adn-au-secours-de-la-legende_art10705.html
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