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Cicatrices

Cicatrices
Urban China 271 pages
1 critique de lecteur

Avis de Xirong : "Si quatre histoires m’étaient contées"

La Seconde Guerre mondiale démarre peut-être en août 1939 en Europe mais sûrement en juillet 1937 en Asir pour d’ailleurs se terminer non le 8 mai mais le 2 septembre 1945 avec la signature des actes de capitulation par le Japon. On peut même faire remonter à 1931, avec la création de l’état fantoche du Mandchoukuo et du progressif détachement d’autres provinces du Nord-Est de l’autorité chinoise pour tomber dans un protectorat japonais. Il est à noter qu’une des meilleurs de BD qui permet de faire approcher par les enfants de 8-10 ans ce que put être la Seconde Guerre mondiale, se déroule pour une bonne part à Shanghai, il s’agit de "La balade de Yaya" dont le dernier volume le tome 9 "La sonate" sort à la mi-mars 2015.

Par ailleurs chez le même éditeur Fei, une BD " Nankin" de Nicolas Meylaender et Kai Zong raconte un des épisides les plus sanglants du conflit sino-japonais. "Cicatrices" de Li Kunwu est sorti en 2012 en Chine, et son intérêt spontané pour la Deuxième Guerre mondiale dans l’aspect qu’elle put prendre sur le sol chinois provient du fait que son beau-père en fut victime (et y perdit une jambe) lors du bombardement de la capitale du Yunnan en 1938. Cette ville était située à plusieurs centaines de kilomètres de la zone des combats et il n’y avait là aucun objectif militaire mais seulement le désir de terroriser la population civile.

À partir de photographies d’époque, la majorité d’origine japonaise, Li Kunwu revisite cette guerre. S’il s’appuie souvent sur des documents produits par les ennemis de son peuple et qu’il en précise le sens que ceux-ci lui en donnaient, il ne manque pas d’en apporter une autre lecture. Il est à noter que les gaz furent utilisés, que le massacre des civils se fit sur une grande échelle, que le sort des prisonniers fut terrible et qu’un gouvernement collaborateur avec une ancienne figure du Guomintang (Kuomintang) en prit la tête (et que le Japon trouva nombre de Chinois prêts à le servir). De tout cela découle la forte présence des conséquences sur les civils du conflit, ceux que l’on voit le moins sont d’ailleurs les soldats chinois alors qu’une moitié de l’iconographie concerne les militaires japonais (dans diverses activités, y compris un tourisme culturel car certains poèmes de chinois classique évoquant des lieux particuliers de cités comme Suzhou ou Wuhan) étaient connus de nombre de Nippons.

Le récit se déroule au début du XXIe siècle à Kunming et un clin d’œil est fait à l’urbanisation effrénée qui sévit dans toutes les capitales de province. Le narrateur, auteur de BD, est en quête de documents sur cette période et après diverses démarches pour se les procurer il se fait aider pour les comprendre par en particulier une Chinoise maîtrisant le japonais. Dans les vignettes de BD il intègre ponctuellement mais très régulièrement les photographies, si bien que la surface de ces dernières peut être estimée au quart de l’ensemble du volume.

Pour tous publics Beaucoup d'illustrations

Xirong

Note globale :

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