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Les kamikazés japonais dans la Guerre du Pacifique

Les kamikazés japonais dans la Guerre du Pacifique
Economica176 pages
1 critique de lecteur

Avis de Octave : "Souviens-toi en frappant l’ennemi de crier à plein poumon Hissatsu (tuer sans faute), à ce moment-là, tous les cerisiers en fleur de Yasukuni fleuriront"

L’auteur a l’excellente idée de nous montrer de façon exhaustive comment l’idée du kamikaze peut s’inscrire pleinement dans une certaine culture japonaise. Ceci l’amène à revisiter, sous cet angle, l’histoire du Japon des origines jusqu’aux années trente et à rappeler en particulier que les USA pratiquèrent la politique de la canonnière en 1853 avec les noirs vaisseaux de l’amiral Perry. Jusqu’alors, et depuis 250 ans, le pays du soleil levant vit dans l’autarcie plus ou moins complète et en tout cas est fermé aux Européens et Américains.

Christian Kessler donne des clés autour de la puissance de l’armée japonaise et les conditions dans lesquelles le Japon agresse les USA. On apprend qu’à Pearl-Harbor, il y avait aussi des sous-marins nains à deux pilotes ; ils avaient été lâchés par un gros sous-marin porteur. Aucun ne réussit la moindre action de destruction mais la propagande japonaise exploita les faits qui se reproduisirent en 1942 à Sydney et Guadalcanal. Les hommes qui conduisaient ces véhicules peuvent être assimilés aux kamikazes.

L’auteur rappelle que le Russe Pyotr Nesterov, début septembre 1914, précipite son avion sur un appareil autrichien et qu’en conséquence les pilotes des deux avions meurent. En matière d’avion suicide visant un objectif militaire, ce sont les Russes qui innovent dès l’invasion de l’URSS par Hitler. L’ambassade du Japon à Moscou (les deux pays ne seront pas en guerre avant l’été 1945) ne manque pas d’informer Tokyo de cette technique de combat (page 59). Il semblerait que ce soit les Américains qui suivent dans ce domaine dès décembre 1941 selon la propagande américaine (mais il s’agit de faits tronqués) et le printemps 1942 en fait. Toutefois il s’agit là d’actes individuels décidés au dernier moment, face à une situation particulière.

Par contre au Japon, c’est une formation à l’autosacrifice qui est dispensée à certains pilotes. Dans l’armée de terre, les soldats nippons se font tuer plutôt que de se rendre et exécutent leurs camarades blessés pour qu’ils ne tombent pas dans les mains de l’ennemi (page 66). Le Japon a plus de deux millions de morts dont la moitié en Chine (ce qui prouve que les Chinois réagirent).

Christian Kessler pose la question difficile à trancher du volontariat des kamikaze, il essaie de dresser les conditions dans lesquelles les opérations de kamikaze se décident (rôle du vice-amiral Ōnisshi) et se déroulent (en particulier les lieux). Un résumé du manuel du kamikaze est donné, nous en avons tiré deux phrases en guise de titre. Le sanctuaire de Yasukuni  est consacré aux Japonais ayant donné leur vie au nom de l'empereur du Japon ; notons parmi ses visiteurs Jean-Marie Le Pen. Huit intéressantes photographies en pleine page sont offertes et on a un nombre non négligeable de cartes géographiques. Surprenante est l'information que le Japon tente, depuis de nombreuses années, de faire inscrire au patrimoine mondial de l'humanité les dernières lettres retrouvées des kamikazes.        

Pour connaisseurs Beaucoup d'illustrations

Octave

Note globale :

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