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Le Japon de Hiroshima: l’abîme et la résilience

Le Japon de Hiroshima: l’abîme et la résilience
Vendémiaire 286 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Quitter l’Asie et rejoindre l’Europe, oui mais Europe subit le souffle de Zeus..."

"Quitter l’Asie, rejoindre l’Europe" était un des slogans nationalistes qui portait le désir du Japon de devenir un pays colonisateur. L’ouvrage  "Le Japon de Hiroshima : l’abîme et la résilience"  est à la fois une réflexion en premier sur l’impérialisme japonais du début du XXe siècle (et la façon dont les militaires prennent en mains les objectifs des gouvernements), en second sur les choix (de nombres de bombes, de dates et de lieux) et les circonstances qui amenèrent les USA à envoyer une bombe atomique sur deux villes du Japon, à savoir Hiroshima et Nagasaki et enfin sur les mémoires concurrentes qui ont été nourries par cet évènement.

Si les dirigeants japonais connaissent les effets de la première attaque le 6 août sur Hiroshima dès le premier jour, par contre la population est totalement trompée par les communiqués officiels sur le fait qu’il s’agit d’une attaque atomique, avec des bombes d’un genre totalement nouveau. Le Japon avait, lui aussi, un programme nucléaire. Barthélémy Courmont cite les propos du Docteur Yoshio Nishina, à la tête du programme nucléaire japonais :

« Si l’annonce faite par Truman s’avère exacte, alors je pense qu’il est temps pour nous de nous ouvrir le ventre… » (page 47)

Si les bombes atomiques font  ensemble 250 000 morts, on estime que les bombardements conventionnels ont déjà causé 1,7 millions de personnes sans-abris, 300.000 tués, et 750.000 blessés. En fait attribuer la défaite du Japon à la bombe atomique avait des avantages politiques, tant pour les dirigeants japonais que pour les Américains, et permit de reconstruire plus aisément une nouvelle cohésion sociale qui laissait à l’Empereur nombre de ses prérogatives. En Mandchourie les armes soviétiques avaient déjà pulvérisé les armées japonaises et les premiers à mettre les pieds sur les îles du Japon d'origine allaient être les Russes (page 80).    

L’auteur s’interroge sur la façon dont les Japonais entretiennent  la mémoire de l’évènement alors que les derniers témoins directs disparaissent du fait de leur âge et comment est présentée aux jeunes d’aujourd’hui l’expansionnisme nippon.

Une carte très intéressante sur double-page montre les territoires sous contrôle japonais avant Pearl-Harbour (avec une erreur au niveau de la frontière entre l’Indochine et le Siam qui vient de changer) et la limite extrême de l’avancée japonaise qui est estimée être celle d’août 1942 (Birmanie, Malaisie et Indes orientales hollandaises sont quasiment toutes occupées).

   

Pour connaisseurs Peu d'illustrations

Adam Craponne

Note globale :

Par - 682 avis déposés - lecteur régulier

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09/08/15
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