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Indochine et Vietnam, 35 années de guerre: 1940-1975

Indochine et Vietnam, 35 années de guerre: 1940-1975
Chronos / Nouveau Monde236 pages
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Avis de Adam Craponne : "La théorie des dominos s’effondra peu de temps après la fin du régime sud-vietnamien"

La théorie des dominos est basée sur l’idée que le basculement d’un pays dans l’idéologie communiste entraînera le passage des pays voisins dans le camp soviétique. Kennedy déclara adhérer à ce concept (page 185).  En toute logique, selon cette théorie, la Thaïlande aurait du devenir communiste après l’ensemble des trois pays indochinois. Cette stratégie géopolitique américaine énoncée au milieu du XX e siècle, fut reprise avec autant de succès au début du XXIe siècle afin de justifier l’invasion de l’Iraq ; celle-ci devait être suivie de l’instauration de la démocratie dans ce pays et ceci ne devait pas manquer de provoquer le même changement de régime dans les pays voisins et par conséquence la disparition des régimes autoritaires.

Voilà, avec Indochine et Vietnam, 35 années de guerre, une histoire des conflits qui a agitèrent l’espace vietnamien de 1940 à 1975 et la situation au Cambodge ou au Laos n’est jamais vraiment développée sauf pour l’action des forces américaines et sud-vietnamiennes en mai 1970 au Cambodge, ceci en prolongement de la déposition de Sihanouk le roi du Cambodge qui avait eu lieu en mars de la même année (pages 259 à 261).

Cinq ans plus tard, le régime du Sud-Vietnam s’écroulait au bout de 55 jours d’offensive. Les USA avaient laissé, dans ce conflit, près de 60 000 morts ou disparus (page 281). On retiendra la formule de Mme Nhu, la belle-sœur de Diem, premier président du Sud-Vietnam : « Avec des amis comme les Américains, on n’a pas besoin d’ennemis » (page 154). Diem étant célibataire, Mme Nhu tenait le rôle de première dame du pays. La dernière bêtise de John Kennedy fut de laisser renverser le président Diem le 1er novembre 1963 sans peser sur le choix d’un successeur pouvant être à la hauteur (page 187) et sans saisir la justesse de ce que pensait Diem sur un engagement de soldats américains au sol (à savoir faire apparaître le régime sud-vietnamien comme fantoche).

Les pensées anticolonialistes de Roosevelt et Truman (et leurs conséquences en Indochine) sont bien mises à nu en début d’ouvrage et on voit combien la France eut bien du mal à reprendre le contrôle d’un pays où sa guerre apparaissait comme un combat d’arrière-garde pour Washington à la fin des années 1940. De plus elle avait perdu tout prestige auprès des populations locales durant la Seconde Guerre mondiale et à partir de 1950 le Vietminh put compter sur une énorme aide militaire de la part des nouveaux dirigeants de la Chine (page 98).   

De cet ouvrage sorti en 2013 aux USA, on relèvera ceci:

"Le 2 mars 1964, le haut commandement des armées envoya un mémorandum à McNamara affirmant qu'il était dans l'intérêt national des États-Unis de ne pas perdre le Sud-Vietnam. C'est pourquoi il recommandait de bombarder les installations militaires et industrielles du Nord-Vienam, de miner les ports et de mettre en place un blocus maritime. Si la Chine intervenait, ajoutait-il, l'option de l'arme nucléaire était envisageable. Malgré cela, il admettait que même avec l'arme nucléaire, il n'était pas garanti qu'on puisse empêcher les États-Unis de perdre le Sud-Vietnam."

 

Pour connaisseurs Aucune illustration

Adam Craponne

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