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Le royaume de la panthère longibande

Le royaume de la panthère longibande
Société des écrivains ; Connaissances et savoirs309 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Des mois de cauchemars ont vu s'évanouir des siècles de rêves"

L'auteur est un cousin du défunt roi du Cambodge Norodom Sihanouk petit-fils du roi Sisowath Monivong et fils d'un Premier ministre en exercice dans les lendemains de la Seconde Guerre mondiale. Sisowath Samyl Monipong semble être né au cours de la Seconde Guerre mondiale, il a fait des études secondaires au collège Notre-Dame de Boulogne-Billancourt. L'auteur revisite certains faits historiques ou culturels de son pays, tout en donnant par touches impressionnistes le récit de sa vie durant les Trente Glorieuses (1945-1974). Par ailleurs se succèdent des anecdotes dramatiques ou comiques autour de son vécu ou de celui de certains membres de sa famille.

La nature et les populations diverses du pays sont approchées à cette occasion. Outre les infiltrations nord-vietnamiennes qui vont se traduire par l’embrasement du pays et la victoire des khmers rouges, il apparaît que l’autorité gouvernementale était encore fort peu appréciée dans maints endroits du royaume où des sociétés tribales subsistaient. « Nous avions bien un antidote des plus étranges, si inhabituel que je n’étais pas du tout tenté de tester son efficacité. Les unités en opération dans cette zone avaient été dotées d’une boîte de cirage d’une certaine marque portant le nom d’un oiseau australien très connu : le kiwi. Ce cirage, appliqué sur une blessure, avait la propriété de neutraliser le poison des flèches des habitants de cette région ». (page 261) La médecine traditionnelle gardait d’autre part tous ses droits : « L’objet se présentait sous la forme d’un cylindre coupé en deux, de couleur noire, strié sur toute la longueur et dont la coupe très lisse aurait pu donner à penser que nous avions dans les mains un morceau d’anthracite. (…) Il vous suffisait de poser la pierre sur la morsure et de la tenir ainsi pressée jusqu’à ce qu’elle ait abordé tout le venin de la plaie. Pour lui redonner ses qualités et la vider du venin, rien de plus simple : il suffisait de la faire bouillir dans du lait ». (page 256) Le père du narrateur, n’est pas mort de crise cardiaque comme sa biographie officielle l’évoque. En fait il a vraisemblablement été empoisonné par un rival politique ou un service secret étranger, aussi ne s’étonnera-t-on pas de plusieurs anecdotes autour de venins de serpent. De très belles photographies de Jean-Jacques Annaud, qui connaît l’auteur depuis les années soixante, accompagnent les textes.

Pour tous publics Quelques illustrations Plan autre

Adam Craponne

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