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La guerre de cent ans

La guerre de cent ans
Fayard678 pages
3 critiques de lecteurs

Avis de François S.F. : "Central"

Depuis toujours, Jean Favier a gagné les faveurs du public. Trois ou quatre noms, pour des générations, sont retenus pour porter très haut l'amour du Moyen Âge : Pernoud, Le Goff, Duby et Favier.
La guerre de Cent Ans décrite par Jean Favier rend supportable ce livre où transparaît la dureté d'une époque - les XIVe et XVe siècles - à laquelle beaucoup ont souvent préféré le "lumineux" XIIIe siècle, celui de Saint Louis (et de Philippe le Bel qui a fait canoniser son grand-père pour que la gloire en rejaillisse sur toute la dynastie capétienne, ce qui n'empêcha pas le Roi de Fer ou de Marbre de plomber son règne avec sa querelle avec la Papauté et avec la condamnation des Templiers).

1328 est l'année de rupture avec le radieux passé et marque le début de la crise : les Valois Philippe VI et ses descendants remplacent les Capétiens directs sur le trône de France, et presque immédiatement ils sont contestés, de l'extérieur, par d'autres prétendants, le roi d'Angleterre, Édouard III, et le roi de Navarre, Charles le Mauvais.
Commence alors un temps de guerre, tantôt durable, tantôt interrompue mais jamais complètement éteinte, entre 1337 et 1453 ; un temps de calamités avec les épidémies de peste qui déciment les populations occidentales, avec les méfaits commis par les Grandes compagnies, routiers, Écorcheurs qui, employés ou pas par les belligérants ou passés à leur compte, sèment la terreur au doux royaume de France ; un temps de division avec la guerre que se livrent à l'intérieur au début du XIVe siècle, les ducs d'Orléans et de Bourgogne et qui deviendra la querelle des Armagnacs et des Bourguignons, et que les Anglais attiseront pour se réinsérer dans le jeu et écraser les Français à Azincourt en octobre 1415 et tenter de départager tout ce monde, en profitant de la division fratricide entre branches différentes de la souche valoisienne et de la conquête de la Normandie pour revendiquer la Couronne, prétention légitimée au traité de Troyes signé en 1420 par le malheureux Charles VI le Fou avec l'Anglais Henry V de Lancastre et le duc de Bourgogne.
Et puis arriva Jeanne la Pucelle celle qui devait stopper les Anglais qui menaçaient de traverser la Loire en prenant Orléans et de mettre fin ensuite au rêve du Dauphin Charles VII, rejeté par ses parents de ses droits à la succession ; miracle que celui-là et début d'un grand retournement avec le sacre et l'onction de Charles le Septième ; Jeanne, faite prisonnière à Compiègne, livrée aux Anglais par les Bourguignons, jugée et condamnée à mourir sur un bûcher à Rouen, Charles avait la voie ouverte pour travailler à recoller les morceaux avec Philippe le Bon, duc de Bourgogne, malgré le meurtre du père de ce dernier, Jean Sans Peur sur le pont de Montereau, et la logique de cette réconciliation, voulue par Charles VII allait conduire à la reconquête, parfaitement accomplie avec les reprises successives de Paris et de Rouen, puis avec la prise définitive de Bordeaux en 1453. Charles ne fut plus alors appelé que le Victorieux.
De tout cela, Jean Favier rend compte avec une plume légère, un style savoureux qui rend tout compréhensible en émaillant ses commentaires et son récit de citations parfaitement choisies qui rendent compte des impressions et des manières de vivre, de souffrir, de survivre et de s'adapter de ceux qui eurent à supporter ce long temps de conflit, avec ses ramifications extra-territoriales, car on n'oubliera pas que la guerre franco-anglaise se doubla de révoltes en Flandre, de luttes anglo-écossaises, de guerres de succession en Bretagne et en Castille et de renvois vers des zones de conflit périphériques des soudards qui vivaient sur le pays, que l'on fût en guerre ou en trêve.
Au terme de cette guerre, les Anglais ne conservèrent plus sur notre sol que l'une de leur tête de pont, Calais, qu'ils tentèrent de réutiliser sous Louis XI pour revenir une fois encore essayer de prendre pied sur le continent.
Mais, cette fois, ils échouèrent, d'autant qu'affaiblis par la perte de leurs conquêtes françaises, ils allaient eux-mêmes s'enfoncer dans une guerre civile, la guerre des Deux Roses, York contre Lancastre.

François Sarindar

Pour tous publics Plan chronologique

Note globale :

Par - 7 avis déposés - lecteur régulier

660 critiques
30/05/19
Bataille de Castillon : le spectacle 2019 se prépare

https://www.witfm.fr/news/bataille-de-castillon-le-spectacle-2019-se-prepare-13176
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Avis de un lecteur : "incontournable"

Pas d'hésitation : c'est LE livre à lire sur la guerre de cent ans.
Seul reproche : j'aurais apprécié une édition poche en deux ou trois volumes.

Pour tous publics Peu d'illustrations Plan chronologique

Note globale :

Par - 7 avis déposés - lecteur régulier

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Avis de Bertrand : "le must de la guerre de cent ans"

Le nom seul de Jean Favier est une assurance de qualité.
Cet historien, qui a été directeur des Archives nationales et président de la Bibliothèque nationale de France, est une célèbre référence pour tout ce qui concerne la période médiévale.

Mais venons-en au livre lui-même, dont la principale qualité me semble être l'exhaustivité des enseignements qu'il apporte.

Les causes de la guerre de cent ans, pourtant pas simples à résumer, sont clairement expliquées. Le plus intéressant selon moi est la présentation des différences entre les royaumes de France et d'Angleterre, et les avantages que chacun des deux pouvait présenter à l'aube de la plus longue guerre de l'âge médiéval.
La France comprenait beaucoup plus d'habitants. L'Angleterre maitrisait bien sûr parfaitement la navigation maritime, mais en tant qu'attaquante, devrait fournir à ses hommes de quoi manger loin de leur pays. Etc, etc

Puis le déroulement de la guerre, ou plutôt des guerres, avec tous les personnages que l'on connaît : Etienne Marcel, Jeanne d'Arc, le Prince Noir, Du Guesclin, Charles VI etc etc ... On explore cette période sous un angle à la fois économique, militaire, sociétal, voilà qui permet de synthétiser en un seul livre beaucoup d'éléments.

Aspect intéressant encore : on comprend en quoi ces guerres, qui partaient comme guerres féodales entre seigneurs, se transforment petit à petit en guerre "nationale". L'ennemi devient l'anglais / le français, et plus seulement le vassal de tel ou tel puissant. Une conscience nationale émerge.

L'ost se transforme aussi, et devient une armée que l'on voit devenir petit à petit plus professionnelle. Les armes à feux apparaissent sur les champs de bataille, même si elles provoquent le plus souvent plus de peur que de mal.

En bref ce livre est, je pense, tout simplement incontournable pour quiconque s'intéresse au bas moyen-âge.
J'en ai dévoré les 800 pages bien que ce fut l'une de mes premières lectures historiques.

Pour tous publics Peu d'illustrations Plan chronologique

Bertrand

Note globale :

Par - 16 avis déposés -

52 critiques
14/04/15
Je vous rejoins, ce livre est la base pour quiconque s'intéresse de près ou de loin à la guerre de cent ans. J'ai lu plusieurs ouvrages sur la période, celui-ci est à recommander en priorité et de loin.
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