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Les héroïnes de la Tour de Constance

Les héroïnes de la Tour de Constance
Ampelos164 pages
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Avis de Adam Craponne : "RÉSISTER est gravé sur une pierre intérieure de la Tour Constance"

L’ouvrage est sous-titré "Du martyre au symbole" et il est composé d’une grosse demi-douzaine de contributions autour d’un des évènements appartenant à la mémoire de la culture calviniste française et ayant pour cadre un bâtiment appartenant au grand patrimoine architectural médiéval.

 

Il s’agit ici d’approcher, sous divers angles, l’univers de la Tour de Constance située à Aigues-Mortes une ville du nord du littoral languedocien au moment où les faits exposés se déroulent. La Tour de Constance est construite, à l’instigation de Saint-Louis, à partir de 1242 à Aigues-Mortes. Ce port fut d’ailleurs le lieu de départ des septième et huitième croisades.

 

Elle servit de prison dès le début du XIVe siècle et les Templiers arrêtés, sur ordre de Philippe le Bel, l’expérimentèrent en tant que  telle. On sait que le Languedoc (d’ailleurs avec le Poitou) fut une province où s’étaient maintenus de forts bastions protestants au moment de la Révocation de l’Édit de Nantes en 1685.  

 

Des femmes calvinistes, refusant toute abjuration, y furent enfermées pour avoir été surprises à célébrer le culte réformé. L’une d’elle est entrée dans l’Histoire ; il s’agit de Marie Durand qui séjourna là de 1730 à 1768, donc durant la majeure partie du règne de Louis XV. Elle était originaire du Vivarais, une région appartenant à la province du Languedoc.

 

Notons que Marie Robert avait été enfermée durant trois années de plus que Marie Durand ; Marie Robert meurt quelques semaines avant la libération de ses codétenues. Le frère morave Fries, natif de Montbéliard, évoque Marie Durand  au début des années 1760 ; il dit qu’elle avait pris un certain ascendant sur les autres prisonnières. Marie Durand retourne dans son hameau natal du Bouschet-de-Pranles, où elle décède en 1776. On sait que l’édit accordant un état-civil aux calvinistes n’est signé par Louis XVI qu’en novembre 1787.

 

Au cours du Second Empire, alors que l’on s’approche du centenaire de sa libération, Jean Monod et Paul Rabot la mettent en lumière mais en utilisant ce qui avait été dit d’elle, sous la Monarchie de Juillet, par Charles Coquerel. Le pasteur Daniel Benoist, né dans la partie du Dauphiné faisant face au Vivarais, apporte de nouveaux éléments sur elle dans un ouvrage paru en 1884.

 

Alors que le catholicisme se trouve de nouvelles saintes telles que Bernadette Soubirou (morte en 1870) ou Thérèse de Lisieux (décédée en 1897), le protestantisme français vénère sa martyre de la Tour Constance. En 1970, un livre d’André Chamson (lui-même calniniste) est venu à point pour remédiatiser la figure de Marie Durand. On compte une petite dizaine d’illustrations dans cet ouvrage.  

idé cadeau

Pour tous publics Quelques illustrations

Adam Craponne

Note globale :

Par - 707 avis déposés - lecteur régulier

707 critiques
07/11/21
Interview d'André CHAMSON à l'occasion de la parution de son roman "La Tour de Constance" https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cpf10005688/andre-chamson-la-tour-de-constance
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