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Deux sorcières en Bas-Poitou: au XVIIIe siècle en Deux-Sèvres et Vendée

Deux sorcières en Bas-Poitou: au XVIIIe siècle en Deux-Sèvres et Vendée
Geste 280 pages
1 critique de lecteur

Avis de Benjamin : "Un sorcier ça va, trois sorciers bonjour les dégâts!"

Si le procès fait au prêtre libertin Urbain Grandier en 1634, en raison de son prétendu pacte avec le diable, est passé dans l’Histoire sous le nom de l’Affaire des possédées de Loudun, dix plus tard à l’autre bout du Poitou (Loudun est en Saumurois mais à la limite nord-est du Poitou) c’est-à-dire à son extrémité sud-ouest un autre procès en sorcellerie, bien oublié, se déroule là aussi dans un univers où le protestantisme restait influent. Il n’avait pas échappé à deux historiens de cette période, à savoir le Parisien Robert Mandrou (d’ailleurs un des requis du STO) et le Nordiste Robert Muchembled.

Cette carte n'est pas dans l'ouvrage

Toutefois il revient à Michel Perraudeau de nous éclairer plus avant sur la question, il semblerait d’ailleurs que notre historien soit de la famille de ces deux femmes. En 1644 Richelieu et Louis XIII sont morts et on rentre progressivement dans une autre ère. Bien que localement Marie Métayer (née Perraudeau)  et sa fille Françoise Métayer, condamnées comme sorcières en juin 1644,  il y eût un procès en appel au parlement de Paris, et  en janvier 1645 ce dernier cassa le jugement. On retiendra que :

« Dès la fin du Moyen Âge, pour les affaires liées à la sorcellerie, les procédures étaient engagées par la justice laïque et non plus par les instances ecclésiastiques.» (page 54)

Michel Perraudeau ne se contente pas d’évoque l’affaire et l’univers géographique où elle naît, à savoir Fontenay-le-Comte (alors la seconde cité en importance du Poitou) mais produit d’autres chapitres qui donnent une excellente dimension culturelle à cette affaire de sorcellerie du Bas-Poitou. Ceux-ci sont intitulés : "L’ensorcellement du Grand siècle", "Les deux hérétiques" (contextualisation religieuse de l’affaire en s’attachant en particulier sur l’image du diable à cette époque) et "Les deux parias"  (dévoilement entre autre de la condition féminine au début du XVIIe siècle). Une copieuse conclusion revient sur les conditions de fonctionnement de la justice de l’époque. Quand on connaît l'attachement de Musée de Fiontenay-le-Comte à préserver le passé, on ne peut que regretter que quelques documents ne lui aient pas été demandé pour illustrer que qu'était cette ville à l'époque. Par ailleurs je n'ai pas trouvé le nom du tableau reproduit en couverture du livre.    

coup de coeur !

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Benjamin

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