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Le long hiver 1914, tome 1

Le long hiver 1914, tome 1
Casterman48 pages
1 critique de lecteur

Avis de Alexandre : "Une BD sur les origines balkaniques du conflit, le quotidien de la guerre de mouvements et l’imaginaire des soldats"

L’ouvrage expose en quatre pages et demie l’attentat du 28 juin 1914 à Sarajevo dans un style très réaliste qui permettent une très bonne exploitation pédagogique auprès de jeunes d’âge du CM 2 ou du collège. Un saut dans le temps et l’espace nous amène à vivre le premier jour de mobilisation le dimanche 2 août 1914 dans un village au nord de la Mayenne aux limites de l’Ille-et-Vilaine voisin de Pontmain.

L’enthousiasme des uns côtoie l’inquiétude des autres et l’épouse du héros (Baptiste Beaufils) confie à son homme une pierre de foudre censée le protéger de la mort. Le héros passe ses deux premier mois de guerre au 124e RI cantonné habituellement à Laval, ce qui nous vaut la mise en scène d’un combat à Virton au sud de la province belge du Luxembourg. La rencontre ultérieure d’un réfugié belge à Bois-Colombes, où les soldats sont provisoirement hébergés, permet l’évocation de l’apparition à Mons (dans la province du Hainaut) de Saint-Michel puis quelques jours après d’anges armés d’arcs et de flèches pour apporter un soutien aux Anglais en déroute.

Peu avant le déclenchement de la bataille de la Marne, Baptiste Beaufils apprend le décès accidentel de son fils (âgé d’un peu moins de dix ans) et le contenu de la lettre de son épouse est illustré en trois pages. Le comportement au combat du héros se modifie alors radicalement, ce dernier cherche la mort sans la trouver pour autant du fait de sa possession du talisman (une pierre de foudre bien connue des amateurs de Pokémon) que lui avait fourni sa femme.

Baptiste Beaufils arrive au 19e régiment de chasseurs en Argonne dans un paysage de début d’automne. Le visage et le prénom d’un très jeune soldat breton (Jules Duval) lui rappelle celui de son fils et lors d’une reconnaissance, le héros confie son talisman à Jules Duval. Baptiste Beaufils semble blessé légèrement par balle lorsqu’il est happé dans les entrailles de la terre et se retrouve à progresser dans un sous-terrain d’aspect fantastique. Le choix global d’un graphisme un peu naïf est-il là pour nous préparer à rentrer dans le monde des elfes lors du deuxième tome programmé en août ?

L’album "La Lecture des ruines" de David B. (pour David Beauchard) sorti en 2001 et réédité très récemment, avait largement évoqué les superstitions des soldats anglais et français entourant leur éventuelle mort et leur façon de se protéger. Rappelons à ce propos qu’outre le porte-bonheur traditionnel du type trèfle à quatre feuille, les médailles ou insignes religieux, étaient censés protéger le combattant la possession des fétiches en laine Nénette et Rintintin (tirés de personnages de Poulbot), un ticket de métro aller-retour pour la station de métro Combat (devenue Colonel Fabien), un médaillon où est insérée une balle qui vous a blessé légèrement antérieurement…

Alexandre

Note globale :

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