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Figurations épiques et contre-épiques de la Grande Guerre

Figurations épiques et contre-épiques de la Grande Guerre
Presses universitaires de Rennes309 pages
1 critique de lecteur

Avis de Alexandre : "La littérature s’est largement emparée du motif de la Grande Guerre"

 

La Première Guerre mondiale ne fut guère propice à produire sur le terrain des héros vu son côté de mort industrielle où les combattants, la plupart du temps, mouraient sans voir leur adversaire. Il est donc intéressant de voir comment les écrivains s’adaptent ou évoquent cette donnée. La couverture de l’ouvrage est une œuvre de Franz Marc, intitulé Kämpfende Formen. Il s’agit des actes du colloque  Figurations épiques et contre-épiques de la Grande Guerre qui s’est tenu à l’Historial de Péronne en novembre 2016. L’introduction situe bien le thème : « Ce sont ces multiples genres narratifs que ce volume se propose d’examiner sous l’angle de leur rapport à l’épopée, genre de référence de la littérature de guerre » (page 7).

 

Pour la première partie, nommée "Épopées nationales de la Grande Guerre : de la réalité de la guerre à ses représentations", on trouve les communications des chercheurs suivants : de Philippe Nivet « La Bataille de la Somme ou le récit épique impossible ? », Alfred Pfoser :« La guerre est finie, le kulturkampf mémoriel commence. Sur l’impossibilité d’un récit autrichien commun de la Première Guerre mondiale après 1918 », Gerald Stieg : « Homère en Autriche. L’épopée Kirbisch de Wildgans », Daniel Compère : « L’épopée des espionnes dans les romans populaires durant la Grande Guerre », Michel Vanhoosthuyse : « De l’administration du souvenir. Ernst Jünger et la Grande Guerre », Lydie Laroque : « Épique et contre-épique dans la littérature de jeunesse des XXeet XXIe siècles autour de la Grande Guerre », Loredana Trovato : « Formes du discours épi(dicti)que dans les journaux de tranchées, ou de la construction de la figure exemplaire du Poilu ».

 

Le deuxième volet s’intitule "Écrits personnels et romans en tension : contestation et évitement de l’époque", avec les textes de Françoise Simonet : « Le quotidien des poilus et des zouaves par Barbusse et Paulhan : recyclage ou renversement des matériaux épiques ? », Dominique Massonnaud : « L' épopée impossible dans Les Thibault et Le Lieutenant-colonel de Maumort de Roger Martin du Gard », Aurore Peyroles : « Fragments épiques contre récits patriotiques : la guerre du roman engagé », Sophie Dessen : « "Dans les coulisses de l’ épopée" : rumeurs de l’ épique dans la correspondance entre Romain Rolland et Stefan Zweig durant la Première Guerre mondiale », Messan Tossa : « Contre-discours altéritaire dans À l’Ouest rien de nouveau de Erich Maria Remarque », Martine Achard-Martino :« Figurations épiques et contre-épiques de la Grande Guerre dans Le Livre des Nuits de Sylvie Germain ».

 

La dernière section "À distance de l’épopée : dérision et détournement de l’épique" comprend de Philippe Blondeau : « U 713 de Mac Orlan et Gus Bofa : une épopée pour rire », Clément Extier : « Destins de l’ épique dans les représentations de la Première Guerre mondiale dans les écrits de jeunesse de Pierre Drieu La Rochelle (1917-1923) », Florence Bancaud : « Les figurations contre-épiques de la guerre dans les textes autobiographiques (correspondances et journaux), notamment chez Klaus Mann (L e To u r n a n t) et Max Beckmann (Lettres et Journaux) », Claire Stolz : « Épique et contre-épique dans 14 de Jean Echenoz », Bérengère Moricheau-Airaud :« L’ ironie, forme contemporaine de contre-épopée dans 14 de Jean Échenoz »,  Chiara Bontempelli :« Horreur, rhétorique et représentation : la Grande Guerre dans Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre ».

 

Dans la conclusion,  Aurélie Adler, Marie-Françoise Lemonnier-Delpy et Herta-Luise Ott se demandent si la littérature sur ce motif de ce début du XXIe siècle en démystifiant ne recrée pas un nouveau mythe. Ils pointent aussi que les écrivains anciens combattants de l’époque se partagent entre discours pacifiste et entretien d’un imaginaire national. Le texte de Lydie Laroque avait d’ailleurs mis en regard la littérature française de jeunesse produite durant la Grande Guerre (dont les aventures des Pieds Nickelés et de Bécassine) et celle des années 1990, 2000 et 2010 (avec notamment Zappe la guerre de Pef et On nous coupé les ailes de Fred Bernard et Émile Bravo).

Peu d'illustrations

Alexandre

Note globale :

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