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En attendant papa

En attendant papa
Commune de Woluwe-Saint-Lambert 48 pages
1 critique de lecteur

Avis de Zaynab : "En attendant papa, je mange des chicons avec maman, ou la vie en Belgique occupée durant la Première Guerre mondiale"

Très rares sont les BD qui mettent en scène l’occupation de la Belgique par les Allemands entre 1914 et 1918, quoique l’on peut se rappeler du tome 3 des Maîtres de l’orge. Toutefois, avec En attendant papa, on est à destination d’un lectorat de jeunes, alors que ce n’était évidemment pas le cas avec la série de Van Hamme et Vallès.  Cette occupation fut beaucoup plus dure que celle de la Seconde Guerre mondiale où les Allemands en ayant loisir de piller toute la France firent moins de réquisitions outre-quiévrain.

Woluwe-Saint-Lambert est une commune de la banlieue de Bruxelles, officiellement bilingue elle est très largement peuplée de francophones et compte une forte population d’origine immigrée. L’action démarre avec le départ du père du jeune héros, ce dernier va combattre les Allemands qui ont violé la neutralité belge en cet été 1914. Quelques semaines après, Jacques Brouillard et sa mère font face à l’annonce de la disparition de leur être cher ; son destin est l’occasion de mettre en scène la reine des Belges dans le réduit belge.

En fait, apprendra-t-on bien plus tard, il est devenu amnésique et on pense au cas très médiatisé du soldat berrichon dont la vie a été raconté dans les deux ouvrages éponymes Le Soldat inconnu vivant, l’un d’entre eux étant une BD. Le texte est toujours de Jean-Yves Le Naour, à qui l’on doit d’ailleurs  l’album La petite fille qui voulait voir la guerre, une BD pour les enfants d’une dizaine d’années dont le contenu décrit la vie à l’arrière dans une commune de Saône-et-Loire (située dans la banlieue de Mâcon) durant la Première Guerre mondiale.

Les problèmes de ravitaillement sont largement exposés et les actions caritatives dues à Adolphe Max, le bourgmestre de Bruxelles, sont évoquées. Suivent les questions des réquisitions et plus tard est habilement amené un récit autour du million de Belges qui se réfugie à l’étranger. Quasiment toutes les conséquences du conflit apparaissent, avec en particulier la déportation de travailleurs en Allemagne et même en prime la consommation importante des endives (chicons) qui renvoie au topinambour de la Seconde Guerre mondiale dans l’hexagone. Pourquoi une bombe allemande tombe sur la ville alors que l’on s’attendait à un projectile anglais, cela aurait mérité d’être expliqué ; en effet c’est le 27 septembre 1916 qu’un obus destiné à atteindre les avions anglais chute sur quelques habitations de la ville. En effet les Allemands avaient aménagé une base de dirigeables à l’aérodrome d’Evere, sur le territoire de la commune de Haren proche de Woluwe-Saint-Lambert, une cible pour l’aviation alliée.  

Le graphisme est un peu intermédiaire entre celui couramment en usage dans les BD pour enfants et celui de la BD historique (décors fouillés en particulier). Pour commander, voir les mails ici https://fr.woluwe1200.be/2018/12/19/woluwe-saint-lambert-en-bd-14-18-en-attendant-papa.html. La BD coûte 9 euros et pour la France, les frais postaux simples, sans accusé de réception, coûtent 7,98 euros.  

idé cadeau

Accessible jeunesse Beaucoup d'illustrations

Zaynab

Note globale :

Par - 497 avis déposés - lectrice régulière

Excellente critique, très juste et très complète. Juste trois petites remarques :
1. "Woluwe-Saint-Lambert est une commune de la banlieue de Bruxelles". La région de Bruxelles-Capitale comprend 19 communes, dont Woluwe-Saint-Lambert. Nous ne pouvons pas parler de banlieue, à moins que vous ne considériez qu'à Paris en dehors du 1er arrondissement tous les autres fassent partie de la banlieue.
2. "officiellement bilingue elle est très largement peuplée de francophones". C'est tout à fait vrai aujourd'hui, mais pas en 1914 où la situation était bien différente, la langue flamande étant bien plus présente, ou plus exactement, le bruxellois, mélange de français et de flamand.
3. "et compte une forte population d’origine immigrée." Je ne pense pas que le mot "immigrés" conviennent pour la commune de Woluwe-Saint-Lambert. Il faudrait plutôt parler d'expatriés. La plupart de ces "immigrés" sont fonctionnaires européens, lobbymens, personnel de l'OTAN, cadres de multinationales... Pas vraiment des gens que l'on place d'habitude sous le vocable "immigrés"...
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