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L’affaire Bolo

L’affaire Bolo
L’Harmattan229 pages
1 critique de lecteur

Avis de Octave : "Bolo Pacha bigame mais pas agent double"

Le livre est sous-titré Trahisons, menées secrètes et haines politiques durant la Grande Guerre. Au tout début du printemps  de l’année 1918 s’ouvrent deux grands procès l’un pour défaitisme concerne Hélène Brion institutrice à Pantin et l’autre à l’encontre de Bolo Pacha (arrêté en septembre 1917) est marqué du qualificatif d’agent de l’ennemi.

L’auteur nous en apprend beaucoup sur la vie tumultueuse du Marseillais Paul Marie Bolo née en 1867, mariée à la chanteuses lyrique Irma Morère (son nom d’artiste mais née Henriette Soumaille) en 1894 à Buenos Aires et en 1904 à Mme Muller née Pauline Moiriat, ex-chanteuse de music-hall, veuve d’un riche négociant en vins de Bordeaux.

Devenu conseiller financier du khédive (comprendre vice-roi)  Abbas II Hilmi, descendant de Méhémet-Ali, Bolo va être fait Pacha en 1914 par ce souverain qui vit mal la tutelle anglaise sur son pays. Bolo Pacha va recevoir de l’argent allemand à l’instigation d’Abbas II Hilmi, réfugié en Suisse depuis peu, pour corrompre la presse française dans deux objectifs opposés apparemment.

Le premier aurait été de favoriser les articles prônant le démantèlement de l’Allemagne pour resouder les habitants d’outre-Rhin derrière leur armée et le second d’appeler à la conclusion d’une paix qui n’aurait pu se conclure en 1917 ou début 1918 que par certains avantages pour l’Allemagne.  Christian Feucher montre comment on promet à Bolo Pacha une grâce présidentielle en échange d’accusation contre l’ancien Président du Conseil Joseph Caillaux, grâce qui ne viendra pas.

Cet ouvrage, qui sort juste au moment du centenaire de ce procès est très dense, et donne une vision nouvelle tant du personnage que de ceux qui entendent le faire condamner (on nous dit même ce que devinrent nombre de personnages jusqu'à leur mort). Christian Feucher pense que Bolo Pacha a bien touché des fonds allemands mais n’a aucunement pesé sur l’orientation de la presse parisienne, bref qu’il a escroqué les Allemands. S’il n’avait terminé avec douze balles françaises dans la peau, on peut se demander s’il n’aurait pas fini avec une balle d’agent allemand. En effet les services du  Second Reich aurait réalisé vraisemblablement avoir été dupé début 1918.

Pour connaisseurs Aucune illustration

Octave

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