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L’islam spirituel de Mohammed Iqbal

L’islam spirituel de Mohammed Iqbal
Albin Michel 346 pages
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Avis de Ernest : "Ne dénigrez pas le temps, car le temps est Dieu (Mahomet)"

Mohamed Iqbal est considéré comme le père spirituel du Pakistan, toutefois il meurt près de dix ans avant sa création. En effet il décède en 1938 à Lahore, une ville qui  comptait alors un demi-million d’habitants et était alors la cité la plus peuplée du futur Pakistan occidental, mais le fait que lors de la partition de l’Empire des Indes la frontière passe tout près de Lahore a empêché cette dernière de devenir capitale du nouveau pays formé en 1947. D’après V. S. Naipaul, il venait d’une famille hindoue récemment convertie et on sait qu’il eût des ancêtres brahmanes au Cachemire.  

Mohamed Iqbal était né en 1877 à Sialot, non loin de Lahore ; il est à noter que Sialot fut une capitale d’un des royaumes gréco-bactrien qui fleurirent de l’an 250 avant Jésus-Christ jusqu’au début de notre ère pour au moins l’un d’entre eux.   

Image absente de l'ouvrage

Mohamed Iqbal est considéré comme un des poètes (en ourdou et persan) et philosophes musulmans les plus influents du XXe siècle. Devenu figure iconique au Pakistan, il n’en voit pas pour autant valorisé sa pensée philosophique, on préfère mettre en avant sa poésie dans son pays. Il appartient au courant libéral de l’Islam. Notre titre est en lien avec une phrase d’Abdennour Bidar :

« Il conseille de chercher une vérité dans le passage du temps, dans la variation des choses, dans la multiplicité des phénomènes du monde » (page 42).

Il prône un effort d'interprétation permettant d'adapter l'Islam à la société moderne. Il a été aussi également influencé par la pensée soufie. Abdennour Bidar va jusqu’à écrire que pour notre penseur indien :

« le mot "Allah", que la culture islamique n’arrive toujours pas à comprendre autrement qu’au sens littéral d’un Dieu transcendant à l’homme, n’est en réalité que le nom de l’homme parfait. Allah est notre Soi pur » (page 244).

Pour Mohammed Iqbal les prescriptions contenues dans le Coran ne sont que des rites et à la fois on peut s’en dispenser et à la fois ils ne sont pas suffisants pour obtenir l’essentiel à savoir « une posture intérieure de concentration su le Soi, et de consécration à lui par les actes créateurs » (page 222).    

Pour lui si les pays islamiques n’étaient pas entrés dans la modernité, c’est que la pensée musulmane se serait figée à partir du XIIIe siècle. Toute nouveauté dans l’interprétation du Coran est par principe condamnée et est valorisée la mémorisation de gloses anciennes. La vie de Mohammed Iqbal fut un combat religieux, à la recherche du progrès ; pour lui salut céleste et bonheur terrestre relèvent d’une même dimension.

Pour connaisseurs Aucune illustration

Ernest

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