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La déroute française de 1940 : la faute aux Belges

La déroute française de 1940 : la faute aux Belges
Economica96 pages
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Avis de Octave : "Et la Belgique crut que Hitler aurait plus de respect pour les traités que Guillaume II"

Le roi Léopold III choisit la reddition de l'armée belge le 28 mai 1940. Le roi a annoncé à ses alliés que l'effondrement belge juste avant contrairement à qu’affirme le président du conseil français Paul Reynaud qui, en réaction à la fin des combats entre belges et allemands, expose à la vindicte des Français l’attitude du souverain. Les clauses de la reddition entraînent la déportation en Allemagne de 215 000 prisonniers de guerre. Les forces du Congo belge n'étaient pas incluses dans la reddition. Ce même Paul Reynaud présente sa démission le 16 juin 1940 et c’est le maréchal Pétain qui, partisan d’un armistice, arrive au pouvoir.  

Jean-Claude Delhez explique bien que l’armée allemande espère bien attirer le gros des troupes franco-britanniques au centre de la Belgique pour percer d’autant plus facilement vers Sedan (pages 18-19).

« Encore faut-il être capable de percer le front ennemi, c’est une première chose, et ensuite d’exploiter cette percée jusqu’à la Manche. D’où la nécessité de disposer d’une troupe rapidement puissante. Et c’est ici qu’intervient la spécificité des divisions blindées et de leur concept d’emploi, la Blitzkrieg. Dans cette tactique nouvelle, c’est le char de combat qui est au cœur de l’action. Le char ne soutient plus l’infanterie, c’est le char de combat qui accompagne le char. (…) La Blitzkrieg est un combat interarmes étroit, cimenté par l’usage intensif de la radio, soutenu massivement dans la dimension aérienne, en particulier par les attaques en piqué des bombardiers Stuka, dont l’action terrifiante, dans la campagne de 1940, va marquer les mémoires.» (page 19)

 Jean-Claude Delhez s’interroge sur le parcours des troupes allemandes entre la frontière allemande et Sedan, à travers les territoires belges et luxembourgeoises ont-elles rencontré des soldats ennemis et lesquels. On peut regretter ici l’absence d’une carte. L’armée belge est alors de 650 000 hommes ce qui est fort considérable pour huit millions d’habitants. Pour nombre de raisons logiques, elle ne met quasiment aucune de ses forces le long de sa frontière avec le Luxembourg or pour parvenir à Sedan les Allemands arrivent par là.

Notre auteur montre ensuite que la neutralité à géométrie variable de la Belgique l’a considérablement desservi dans la perspective de défense de son territoire ; dans la distance prise en 1936 avec l’idée de solidarité franco-belge dans les deux sens (donc si la France est attaquée par l’Allemagne, la Belgique l’appuiera) les autonomistes flamands ont largement apporté leur pierre. En conséquence de 1936 à 1939 la Belgique ne s’équipe pas en armement moderne ; elle diminue ses crédits militaires tout en allongeant la durée du service militaire.

« En se retirant d’une alliance militaire en 1936, la Belgique entendait échapper à un futur conflit entre puissances européennes.» (page 67)

Comme le montre une carte page 49 jusqu’en 1936 les forces françaises peuvent venir se placer préventivement derrière la ligne Devère qui, en territoire belge court des environs de Maastricht (aux Pays-Bas) à Arlon (non loin de Longwy) et cette ligne Devèze se prolonge par la ligne Maginot.

Jean-Claude Delhez montre bien que Belgique et France solidaires c’est la possibilité de réagir face à la remilitarisation de la Ruhr, c’est aussi en 1939 des offensives possibles en Sarre et Rhénanie pendant que l’Allemagne est occupée à envahir la Pologne. Paul Reynaud s’est effectivement bien trompé : la Belgique n’a pas trahi ses alliés fin mai 1940, car elle l’avait déjà fait en 1936.

Pour tous publics Peu d'illustrations

Octave

Note globale :

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