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Libération, La joie et les larmes 1944-1945: acteurs et témoins racontent

Libération, La joie et les larmes 1944-1945: acteurs et témoins racontent
L’Archipel 448 pages
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Avis de Alexandre : "11 mois entre la Libération de Bayeux et celle de La Rochelle"

L’ouvrage prend des extraits phare de plus de 200 monographies de personnes qui ont vécu cette période de la Libération de la France qui va de juin 1944 à mai 1945 puisque les Allemands capitulent à La Rochelle le 9 mai, un jour après la capitulation de l’armée allemande. Des faits précis sont rapportés, ils sont souvent dramatiques et ne sont restés en mémoire que dans les villages où ils se sont exactement passés comme l’exécution publique de trois maquisards par les Allemands le 20 juin 1944 à Coussay-les-Bois près de Châtellerault, au nord de la Vienne (page 278). Les miliciens ne sont pas de reste et massacrent en juillet 1944 dans le Cher environ 70 juifs raflés à Saint-Amand-Montrond. Si les chapitres ont des unités géographiques et suivent en gros l'avancée mensuelle des armées alliées (une carte page 17 permet de suivre leur progression), il est regrettable de ne pas avoir un index des lieux cités.

On a par contre un index des noms de personnes, ceci permet en particulier d’apprendre qu’Édith Piaf assiste à la Libération de Paris en compagnie d’Yves Montand et qu’elle réussit à épargner la vie de soldats allemands prisonniers ce que ne parvient pas à faire le pasteur Boegner (page 192). Ceci tendant à prouver que déjà en 1944, on respecte plus les stars de la chanson que les hommes se recommandant du ciel et de Dieu. On a une dernière preuve que Pierre Laval n’intervient jamais que pour sauver des Auvergnats ou des habitants d’Aubervilliers quand il ne s’agit pas d’hommes qui pourront lui servir par la suite (page 117).            

On assiste aux derniers jours du camp de Drancy en tant que lieu de détention de juifs et on connaît les mesures prises quelques mois plus tard pour accueillir les premières personnes qui rentrent de déportation. Il est à noter que le général de Lattre est bien critiqué pour sa façon dont il manque de prendre  Colmar, de ce fait la ville alsacienne ne fut libérée qu’au tout début février 1945 (page 372).   

L’image de Jean Gabin est bien écornée dans l’affaire de la prise de la poche de Royan (page 387), quoique détruire le mur d’une boulangerie avec un char par pure saute d’humeur soit bien moins grave que d’avoir approuvé et commandé l’opération de destruction quasi-totale de la ville en question, une gloire attribuée au général Larminat (page 386). Ce dernier personnage aurait d’ailleurs été déçu de ne pas avoir pu faire coup double avec La Rochelle (page 390). On nous livre un récit relativement méconnu de tonte d’une jeune femme sous le prétexte d’avoir couché avec les Allemands (page 312), il s’agissait en fait d’une vengeance d’hommes qu’elle avait éconduit, Bénédicte Verger-Chaignon avait déjà cité ce fait, se déroulant à Noisy-le-Grand à l’est de Paris, dans son ouvrage Histoire de l’épuration. Quelques autres cas de femmes tondues sont rapidement présentés comme celui de Chartres (page 311) ou Beauvais  qui pourrait figurer au livre des tristes records avec plus de 80 passages à la tondeuse (page 309) ; cette action avait auparavant été évoqué par Fabrice Virgili dans La France virile.     

 

Pour tous publics Aucune illustration

Alexandre

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