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L'Ambulance 13, 2 Au nom des hommes

L'Ambulance 13, 2 Au nom des hommes
Grand angle
2 critiques de lecteurs

Avis de Octave : "En attendant Clemenceau passant de bouffeur de curé à celui de bouffeur de religieuse lorraine"

La brutalisation de la guerre est perçue dans cette série à travers un filtre très pertinent à savoir la vie d’une ambulance près du front. Comment soinger ses propres blessés et que faire de ceux de l’ennemi ? Massacrer des soldats allemands blessés ne relèvent pas de sanction mais obtenir une trêve avec l’ennemi pour ramasser les blessés semble relever de l'abandon de poste.

La recherche documentaire pour bâtir cette histoire est conséquente, dans ce volume elle permet de rendre admirablement le vécu sur le front des jours précèdant l'attaque sur Verdun par les Allemands début 1916. La part de fiction se loge d'une part dans les relations floues entre une religieuse infirmière (aux armées frabçaises) ayant passé sa jeunesse en Alsace-Lorraine germanisée et le personnage principal chirurgien aux armées  mais également d'autre part dans les relations orageuses entretenues par ce dernier et son père à la fois médecin militaire et député nationaliste.

Le colonel Driant, député à l’origine de la croix de guerre 1914-1918, et auteur de littérature de jeunesse, apparaît dans cet ouvrage pour son action réelle de sensibilisation aux faiblesses de défense du secteur de Verdun. Ceci a le don d'horipiler Joffre et lui aurait valu sanction s'il n'était mort dès le début de l'offensive germanique. 

Pour tous publics Beaucoup d'illustrations

Octave

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Avis de Alexandre : "Approche du milieu des médecins militaires à travers le deuxième tome d’Ambulance 13"

À la fin du tome 1 le lieutenant Charles-Louis Bouteloup arrive sur le front à la fin 1915 alors qu’il vient de terminer ses études de chirurgien et il négocie une trêve avec les Allemands afin de pouvoir ramener d’éventuels blessés. Le seul homme qu’il peut ramener (avec des membres de son ambulance) est un lieutenant qui s’avère fils de sénateur. C’est cette filiation qui permet au commandant de Charles-Louis Bouteloup de revenir sur son idée de faire traduire ce dernier en conseil de guerre pour trahison. L’ouvrage couvre la période du 4 janvier au 20 février 1916 ; il se termine par la vision du Kronprinz à Verdun encourageant les soldats qui se lanceront dans l’offensive pensée décisive. De l’autre côté du front le lieutenant Charles-Louis Bouteloup est sous les ordres du colonel Driant qui effectivement s’attendait à une attaque allemande dans ce secteur comme une vignette de la page 45 le rappelle. On a la preuve de ses inquiétudes par un de ses courriers conservés et par le fait qu’en tant que parlementaire il rencontre Briand (alors président du Conseil) pour l’alerter. La réaction de Joffre fut de nier fermement à la fois la faiblesse des fortifications et la possibilité d’une attaque à Verdun puis d’accuser le colonel Driant de jeter un trouble dans le moral de l’armée et de demander de mettre le colonel aux arrêts, l’ordre de punition arrivant le lendemain de sa mort.

Dans cette BD il n’est pas mentionné comme député nationaliste de Nancy ; le père de Charles-Louis Bouteloup est présenté lui comme parlementaire de la droite ultra-patriote. Le colonel Driant est signalé par contre à juste titre comme un grand auteur de romans d’aventures très lus par les jeunes à la Belle Époque. Le scénariste fait l’impasse également sur son rôle primordial dans la loi du 2 avril 1915 qui crée la croix de guerre 1914-1918 et sur son état de gendre du défunt général Boulanger. Le dessinateur nous livre une image documentaire des actions très violentes qui agitent le front, sans jamais toutefois effleurer l’insoutenable.

Son originalité principale est de nous livrer une approche intéressante de la vie des ambulances près du front et de la question de la protection ou du massacre des blessés. La dimension romanesque se traduit par la séduction mutuelle qui s’empare du lieutenant et d’une religieuse infirmière française ayant vécu sa jeunesse dans Metz ville de l’Empire germanique. L’arrière est vu à travers les rencontres que fait Émilie jeune Parisienne qui fréquente les milieux hospitaliers du Val-de-Grâce ; une de ces rencontres est marquée par le retour en permission d’un poilu, cela permet de poser le problème essentiel durant cette période de la fidélité des femmes. Le troisième tome de cette série devrait commencer par la mort du colonel Driant le 22 février dans le bois des Caures en compagnie de 90% des soldats de son régiment.

Alexandre

Note globale :

Par - 369 avis déposés - lecteur régulier

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