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Ivre d’un grand rêve de liberté

Ivre d’un grand rêve de liberté
Points 216 pages
1 critique de lecteur

Avis de Patricia : "Manouchian poète symboliste et symbole du patriotisme français"

Ce que nous révèle ce livre bilingue (arménien et français), ce sont les textes des cinquante-six poèmes composés, dans sa langue maternelle,  par Manouchian entre 1924 et 1934. La préface est du très médiatique André Manouchian, sans lien de parenté avec Missak. Ironiquement André raconte la première rencontre intime entre Mélinée et Missak dans un café.

On doit l’introduction à Didier Daeninckx qui a rédigé trois ouvrages (dont deux pour la jeunesse) à notre personnage. Il précise que plusieurs poèmes ont été écrits au 44, avenue Jean-Jaurès à Châtenay-Malabry (non loin du parc de Sceaux) car Missak résida là au début des années trente dans la Cité Nouvelle, une communauté conçue par le métreur communiste Marcel Fredou.

Il livre aussi une information qui révèle l’origine de l’idée d’Aragon de consacrer un poème à la mémoire du groupe Manouchian (à qui on doit en particulier le 28 septembre 1943 à Paris l’assassinat de Julius Ritter, colonel SS supervisant l’organisation du STO en France). Le 25 décembre 1954 Mélinée poste un courrier à destination d’Aragon pour lui demander de bien vouloir préfacer l’ouvrage contenant 39 poèmes de Missak qui va être édité en Arménie soviétique. Aragon ne répond pas à cette sollicitation mais le 5 mars 1955, le journal L’Humanité publie Strophes pour un souvenir, poème qui sera ultérieurement mis en musique par Léo Ferré. La chanson sort en 1959 sous le titre de L’Affiche rouge ; elle restera interdite sur les ondes des radios publiques jusqu’en 1982, année de la fin du monopole d’état en matière de radiodiffusion.  

Cet ouvrage ne le signale pas mais Missak suivit régulièrement des cours à l’université ouvrière située dans le 19e arrondissement, rue Mathurin-Moreau. Dans ce lieu dirigé par Georges Cogniot puis par Paul Bouthonnier intervinrent notamment le sociologue Georges Friedmann, le philosophe Paul Nizan, le psychologue Henri Wallon, le physicien Paul Langevin et le philosophe Georges Politzer. Manouchian s’inscrivit également en auditeur libre à la Sorbonne. Stéphane Germakian, qui assure la traduction, nous dit que, grâce à ces cours universitaires, se dégage dans les poèmes de Missak des influences de Baudelaire, Verlaine, Rimbaud et d’autres auteurs de l’école symboliste. Quatre pages d’illustrations sont offertes, on trouve ici la reproduction de l’Affiche rouge, prise à Fresnes une photo de Missak avec six autres de ses compagnons identifiables (Thomas Elek en cache un dernier) et la dernière lettre de Missak à Mélinée.

Pour connaisseurs Peu d'illustrations

Patricia

Note globale :

Par - 162 avis déposés - lectrice régulière

162 critiques
26/01/24
Soirée d’hommage aux Manouchian. Vernissage de l’exposition & table ronde. Siège national du PCF
2, place du Colonel-Fabien, Paris 19. Le Lundi 5 février 2024 de 19h à 22h. Inscription à https://www.pcf.fr/soiree_hommage_manouchian
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