De Sa’di à Aragon: Le rayonnement de la littérature persane en France, de Javâd Hadidi : avis et résumé critique de Adam Craponne


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De Sa’di à Aragon: Le rayonnement de la littérature persane en France

De Sa’di à Aragon: Le rayonnement de la littérature persane en France
L’Harmattan367 pages
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Avis de Adam Craponne : "Quatre choses nous avons plus que nous ne croyons: des péchés, des dettes, des années et des ennemis (proverbe persan)"

Des dettes, la littérature française en a plus qu'on ne le croirait vis-à-vis de la littérature persane. Un livre qui présente autre chose qu’une ineptie d’Abel Bonnard ne peut être foncièrement mauvais. Rappelons qu’Abel Bonnard écrivait, au cours  des années trente, dans l’ouvrage L’Éloge de l’ignorance : « Que ceux qui étudient se dévouent, sans réserve à leur grand objet, mais il faut aussi que les ignorants, s’il est permis de le dire, ignorent bien. Loin d’humilier personne, ces grands partages quand on les comprend, sont également magnifiques ». C’est un homme convaincu qu'il n'est « pas bon de répandre aveuglement l'instruction » car cela crée une masse de frustrés.

Après une préface d’Alain Gresch, l’ouvrage commence par une citation d’Abel Bonnard qui déclare que la poésie persane est la plus élaborée de toutes. En 1908 il avait publié un livre de poèmes Les Histoires : La sous-Préfète ; Le prince persan, où un prince et une amazone qu’il combattait trouvent le parfait bonheur parce qu’ils s’aiment. L’amour entre une homme et une femme est d’ailleurs un thème très original chez Bonnard dont les penchants sexuels et le degré d’ultra dans la collaboration lui avaient valu le sur nom de "gestapette" durant L’Occupation où il fut secrétaire d’état à l’Éducation nationale.

De la préface, écrite par Alain Gresh, on retiendra ces deux citations de l’ouvrage de Javâd Hadidi :

« Depuis longtemps l’Iran a été le liei de croisement de cultures différentes, en

« Depuis l’Iran a été le lieu de croisement des cultures différentes, entre autres aryennes et tre autre aryennes et sémitiques qu’il a ensuite transmises aux autres ». sémitiques qu’il a ensuite transmises aux autres ».

« (la France) a joué le même rôle par rapport aux cultures gréco-romaine et chrétienne et on peut la considérer comme un pont qui a joint le monde antique au monde moderne ».  (page 7)

Dans l’introduction, Javâd Hadidi rappelle  les questions qu’il s’est posées:

«- À quelles dates les Français ont-ils fait la connaissance de la littérature persane et pour quels motifs ? 

- Quelle ont été les étapes de ce rapprochement entre les deux pays à travers les siècles ?

- Dans quelle mesure peut-on parler d’influence lorsqu’il s’agit de grands auteurs aussi authentiques que La Fontaine, Montesquieu, Voltaire, Hugo, Gide, Montherlant, Aragon et d’autres ? » (page 9)

Les chapitres de la première partie, intitulée "L’Iran, pays des contes suaves (1600-1789)" ont pour nom :  Les premières rencontres entre l’Iran et la France, À la recherche de nouveautés, La Perse ancienne au théâtre classique, Les contacts littéraires, Les contes indo-iraniens, Comment peut-on être persan ?, Les romans philosophiques de Voltaire, Les romans allégoriques (où retient l’attention en particulier le titre Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la Perse ;  attribué à Antoine Pecquet, il révèle des faits ayant trait à la cour de Louis XV).

La deuxième partie "L’Iran, pays de parfum et de poésie (1789-1982)" est composée des sections suivantes : Naissance et développement de l’iranologie en France, Ferdowsi chantre de la liberté (surnommé  "le recréateur de la langue persane"), Au jardin de Sa’di (ou Saadi, poète et conteur du XIIIe siècle), À l’école de Hâfez, Khayyâm poète des idées, Les portes de l’eau, Vol au sommet. On relève le rôle de passeur de la culture persane vers l’occident que jouèrent, souvent par l’intermédiaire des jésuites, de nombreux Arméniens, installés en Iran. « Cette deuxième partie comprend la période post-révolutionnaire et s’étend jusqu’en 1982, cate de la mort d’Aragon, l’un des grands amateurs de la poésie mystique persane » (page 11).

On apprécie les nombreuses pages de bibliographie et l’index des noms de personne ; ce dernier permet un premier survol de l’ouvrage, car on aura envie par exemple de jeter un coup d’œil aux pages consacrées à La Fontaine, Galland (premier adaptateur en France des Contes de mille et une nuits) ou Victor Hugo.  L’ouvrage De Sa’di à Aragon: Le rayonnement de la littérature persane en France  avait connu une édition en français en 1994 en Iran et on se réjouit de sa mise à disposition pour un lectorat français.

idé cadeau

Pour connaisseurs Aucune illustration

Adam Craponne

Note globale :

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