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Les Plantagenêts

Les Plantagenêts
Flammarion655 pages
1 critique de lecteur

Avis de Ernest : "Pas d'orchidées pour Aliénor"

L’ouvrage est par en Angleterre sous le titre de "The Plantagenets". Après une préface où l’auteur commence par nous dire que seul le père d’Henri II (le premier roi de la dynastie en question) se désignait ainsi. Or Geoffroy (père d’Henri II) était comte d’Anjou et ne mit jamais les pieds dans les îles britanniques.  Dan Jones nous présente donc une dynastie qui monte sur le trône d’Angleterre en 1154 avec Henri II (second mai d’Aliénor d’Aquitaine) et le quitte avec l’abdication de Richard II en 1399. Le successeur Henri IV   est à la fois le cousin de Richard II et le premier roi de la famille des Lancastre.   Notons que l’ensemble de ces souverains sont aussi "seigneur d’Irlande", un titre qui s’explique par le fait que la papauté ne désigna jamais de roi en Irlande.

La mort d’Aliénor marque d’ailleurs un tournant puisque nombre de seigneurs normands et poitevins reconnaissent comme suzerain le roi de France et refusent de faire de même envers son dernier fils Jean sans Terre devenu le roi Jean. D’autres nobles avaient rendu hommage à un souverain pour leurs terres outre-Manche et à l’autre pour leurs possessions en Grande-Bretagne.  Ainsi pour reconquérir sa Normandie, Jean trouve très peu de seigneurs prêts à s'engager dans la guerre.

C’est sous le règne de ce dernier sou­ve­rain que naissent les prémices qui conduisent à la monar­chie par­le­men­taire.

« Le prince était ivre » est la première phrase du récit qui démarre avec la mort à dix-sept ans lors d’un naufrage devant Quilleboeuf du prince Guillaume, seul fils légitime de Henri Ier (lui-même fils de Guillaume le Conquérant).

« Guillaume Adelin était mort alors que son cousin Étienne de Blois, lui, avait survécu par un caprice de hasard, ce qui allait engendrer trente années de troubles politiques en Europe occidentale. »

La roue de la fortune médiévale s’arrête finalement sur Henri fils de Mathilde (elle-même fille d’Henri Ier) et de Geoffroy V comte d'Anjou. Par son mariage avec Aliénor d’Aquitaine, le roi d’Angleterre Henri II possède toute la moitié ouest du royaume de France. Il est donc vassal d’un roi bien moins puissant que lui.

Le tombeau d'Aliénor et d'Henri II

Une des forces de l’ouvrage de Dan Jones  est de tâcher de dégager les traits de caractère des rois successifs de la dynastie des Plantagenêts. Certains se révèlent comme des tyrans et d’autres fort influençables. Le rôle de personnages de l’entourage, comme Guillaume le Maréchal, est bien mis en valeur. Percent l’extraordinaire vio­lence des mœurs poli­tiques médiévales, des successions chaotiques  (à mettre en regard avec celles parfaitement huilées des Capétiens) qui permettent aux rois de France de prendre des initiatives agressives en jouant parfois en plus un héritier contre un autre, l’évolution du pouvoir royal en Angleterre se fait par répercussion des victoires ou défaites des armées anglaises sur le continent.  

Pour connaisseurs Quelques illustrations

Ernest

Note globale :

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16/10/16

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